Quand la Bourse perd son diamant

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Le retrait programmé de la cote du titre De Beers dans la perspective d'une adhésion, cette semaine, de l'ensemble de ses actionnaires à l'offre de reprise du consortium formulée par la famille Oppenheimer et Anglo American, n'est pas une simple péripétie boursière. L'événement est la conséquence des grandes manœuvres menées par les principaux groupes miniers internationaux dans le cadre de la consolidation d'un secteur à la fois prestigieux et exotique, mais qui demeure néanmoins très fragmenté. Or, le marché pousse chaque jour aux rapprochements dans une conjoncture déprimée pour les cours des principaux minerais. Et parce qu'ils préfèrent racheter des sociétés ou des sites déjà existants plutôt que d'investir dans des activités de prospection au retour sur investissement aléatoire, les grands groupes se livrent à une lutte féroce qui explique pourquoi la famille Oppenheimer et Anglo American préfèrent mettre à l'abri un diamant comme la De Beers... Reste que bien d'autres sociétés ne sont pas protégées face aux appétits des deux principaux prédateurs du secteur : Anglo American, justement, et le futur BHP-Billiton dont la naissance à la mi-mai prochaine n'a été rendue possible que par le retrait d'Anglo American du capital de Billiton, précisément pour pouvoir financer la reprise de De Beers. Peu capitalisés, souvent incapables de donner de la cohérence à leur stratégie internationale et ayant déjà ouvert en partie leur capital à l'un de ces deux géants, les groupes miniers australiens vivent peut-être leurs dernières heures de liberté. Présentant l'avantage de posséder les sites d'extraction les plus rentables au monde grâce à une maîtrise inégalée des coûts de production, ces cibles sont d'autant plus alléchantes que « l'aussie », le dollar australien, est au plus bas depuis quelques années. Les actionnaires français qui affectionnent les titres d'opérateurs miniers sont donc avertis. Longtemps figé, le paysage boursier relatif aux mines et aux métaux est en passe d'être bouleversé et le temps où, à chaque mine d'or, d'argent ou de métal non-ferreux, correspondait une société inscrite en Bourse est désormais révolu.

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