"La parité euro-dollar reflète les fondamentaux économiques de la zone euro" - 1

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La Tribune: La croissance de l'économie européenne s'émancipe-t-elle vraiment actuellement de la locomotive conjoncturelle américaine? L'élan en Europe semble pourtant tiré par les exportations en dehors de la zone euro.Lucas Papademos : Il est vrai qu'au premier trimestre de cette année, les exportations nettes ont constitué l'élément moteur du modeste taux de croissance. Mais au cours de 2002, ce sont à la fois les demandes interne et externe qui porteront la reprise de la production dans la zone euro. Les conditions qui devraient y favoriser une expansion plus forte de l'activité économique sont déjà là: les conditions financières sont favorables et, contrairement à d'autres régions du monde, il n'y a pas de déséquilibre macro-économique majeur qui pourrait éventuellement entraver la reprise économique. La structure du bilan des ménages et des entreprises est saine. Bien qu'il y ait toujours quelques incertitudes concernant la vigueur de la reprise économique au cours du second semestre de cette année, ces incertitudes sont moins liées à des conditions internes à la zone euro qu'à des éléments extérieurs. Ces incertitudes pèsent sur des éléments susceptibles d'affecter la croissance dans la zone euro ou ailleurs mais je crois que les forces internes de la zone euro peuvent être le moteur principal pour un raffermissement plus rapide de l'activité économique dans la zone.Etes vous préoccupé par le récent fort repli des marchés boursiers?La détérioration des marchés d'actions, en particulier aux Etats-Unis, pourrait - il s'agit d'une possibilité et non d'une certitude - avoir un effet négatif sur l'investissement privé et la consommation, en premier lieu aux Etats-Unis. Cela pourrait avoir un impact défavorable sur l'activité économique en Europe, directement en réduisant la richesse des ménages et la consommation, mais également indirectement via les Etats-Unis. Il est très difficile d'évaluer l'ampleur de tels effets car ils influencent le comportement des entreprises et des ménages par des canaux très variés. Ceci étant dit, les actifs immobiliers se sont valorisés de manière significative au cours des derniers mois aux Etats-Unis, ce qui compense partiellement les effets négatifs de la baisse de valeur des actions. Ce qui se passe sur les marchés financiers ces derniers mois est un des éléments d'incertitude qui entourent les perspectives économiques. Mais cet élément ne nous conduit pas à modifier nos projections économiques (NDLR: une fourchette de croissance du PIB de la zone euro de 0,9 à 1,5 % en 2002 et de 2,1 à 3,1 % en 2003). Comme vous le savez, ces projections sont données sous la forme de fourchettes pour souligner les incertitudes qui y sont associées et qui reflètent différents facteurs, y compris la volatilité des marchés financiers et son impact sur l'investissement et la consommation. Les développements récents sur les marchés d'actions ont accru cette incertitude.Etes-vous aussi d'avis que les marchés financiers sont "hystériques", à l'exemple des pressions pesant sur le Brésil actuellement?Je ne m'exprime pas sur le cas du Brésil ici mais émets un jugement plus général. Les marchés sont sur le long-terme efficients et apportent l'information exacte sur l'évolution à attendre de l'économie. Toutefois à court-terme, ils peuvent être parfois influencés par des attentes de développements futurs et de politiques qui peuvent affecter la profitabilité des entreprises et, de manière plus générale, la situation économique du moment. De telles attentes peuvent être volatiles, imparfaites, et biaisées par des perceptions exagérées, ce qui peut conduire à des actions et des pressions excessives.Craignez-vous une réaction en chaîne en Amérique latine, pouvant déboucher sur une crise financière généralisée comme il y a cinq ans en Asie?Jusqu'à peu il n'y avait aucun signe de contagion de l'Argentine vers d'autres pays sud-américains. Plus récemment nous avons remarqué des pressions sur les monnaies et les marchés de plusieurs pays d'Amérique latine qui peuvent partiellement être dues à des facteurs communs plutôt que nécessairement refléter la crise argentine. Le renforcement substantiel de l'activité économique en Asie orientale et le meilleur climat financier y régnant constituent une évolution positive qui amenuise clairement le risque d'un impact mondial de la situation financière en Amérique latine. Une évolution positive dans une partie du monde peut compenser des développements défavorables en Amérique latine. Lire ci-contre les propos de Lucas Papademos sur:- 2ème volet: l'euro et les missions de la BCE- 3ème volet: le Pacte de stabilité et M3

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