La BCE conserve sa politique accomodante

La BCE a maintenu encore une fois ses taux à l'issue de sa réunion de politique monétaire qui se tenait ce midi à Luxembourg. Le taux de refinancement reste donc à 3,25%, inchangé depuis novembre 2001. Après avoir longtemps cru à un resserrement de la politique monétaire européenne en ce début d'été, les économistes ne s'y attendaient plus. Les 57 experts interrogés par Reuters misent plutôt désormais sur un relèvement des taux en septembre ou en décembre 2002. Ce statu quo de la BCE s'explique principalement par certaines données conjoncturelles récentes. A commencer par l'appréciation de l'euro, qui vendredi dernier a frôlé la parité avec le dollar, ce qui rend les importations européennes moins chères et réduit les risques inflationnistes. Comme l'a dit Wim Duisenberg lors de sa conférence de presse à Luxembourg : "le raffermissement du taux de change devrait exercer un effet modérateur sur l'inflation". Selon lui, déterminer la date de cet effet reste néanmoins impossible. Surtout, l'accélération de la croissance prévue au second semestre sur le Vieux continent se fait attendre. Au contraire, on constate des signes inquiétants d'affaiblissement de la demande intérieure, particulièrement l'investissement en Allemagne (lire ci-contre) et la consommation en France. Au point qu'hier, le directeur général du FMI, Horst Köhler, a mis en garde l'institut européen en déclarant que compte tenu de la situation actuelle, la hausse des taux ne devrait pas "être la première priorité de la BCE". Wim Duisenberg a certes indiqué que certains signes montraient "une légère augmentation des taux de croissance du PIB en volume par rapport au premier trimestre". Selon lui, le scénario le plus "vraisemblable" reste "le renforcement de la demande intérieure et étrangère pendant le reste de l'année". Mais il a aussitôt nuancé : "compte tenu des évolutions observées récemment sur les marchés financiers, les incertitudes concernant la vigueur de la reprise économique n'ont pas diminué". D'où l'immobilisme de la BCE sur les taux.Pourtant, les dirigeants monétaires européens continuent de préparer les acteurs économiques à une hausse des taux. Wim Duisenberg a ainsi redit cet après-midi que les "risques portant sur la stabilité des prix étaient en hausse". Le Néerlandais n'est donc pas rassuré par la baisse du taux d'inflation dans la zone euro, estimé par Eurostat lundi à 1,7% en rythme annuel. Selon lui, le risque d'une remontée au-delà des 2% est toujours d'actualité et est même renforcé par les politiques budgétaires relâchées de certains pays (la France et l'Allemagne), par la hausse des salaires outre-Rhin et par la persistance d'un rythme élevé de croissance de la masse monétaire. Wim Duisenberg a donc mis en garde contre "une généralisation" des négociations salariales au sein de la zone euro. De même, la BCE a rappelé son attachement au pacte de stabilité et de croissance et s'est dit "un peu inquiète d'une déviation de l'interprétation de ce pacte". Enfin, le président de la BCE reste prudent quant à "l'effet euro" qu'il est, selon lui, "difficile de quantifier" et dont il ne sait quand il se fera réellement sentir. "Si la reprise se confirme dans le courant de l'été, que le "double-dip" américain est évité et que le troisième trimestre s'annonce bien pour l'économie européenne, la BCE n'hésitera sans doute pas lors de sa prochaine réunion le 12 septembre à relever son taux de refinancement de 25 points de base. Le but sera alors d'éviter que l'accélération de la croissance ne fasse exploser les prix à la hausse. Mais la conjoncture économique est très mouvante actuellement et d'ici au mois de septembre, la situation peut encore évoluer considérablement.

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