Accord salarial dans la chimie allemande

Après un conflit de plus d'un mois, une sortie de crise semble se dessiner dans le paysage social allemand. En début d'après-midi, les partenaires sociaux ont annoncé avoir conclu à Lahnstein un accord. Les 570.000 employés du secteur de la chimie de l'ex-RFA percevront donc une hausse minimale de salaire de 3,3% sur treize mois, augmentée d'une prime de 85 euros. L'augmentation sera versée pour certains le 1er avril, pour d'autres le 1er mai ou le 1er juin. En comptant la prime et l'accord de modernisation des contrats de travail, le syndicat de la chimie IG-BCE estime que l'augmentation atteint 3,6%.Cet accord intervient alors que des négociations "de la dernière chance" doivent s'ouvrir à 18h à Ludwigsbourg, dans le Bade-Wurtemberg, entre le syndicat de la métallurgie IG-Metall et les employeurs. Ces discussions portent sur les salaires de 3,6 millions de salariés. IG-Metall a demandé une augmentation de 6,5% des salaires, alors que les employeurs proposent un relèvement des rémunérations de 2%. L'accord de Lahnstein pourrait permettre aux négociateurs de Ludwigsbourg de parvenir à un compromis. En effet, IG-BCE demandait un relèvement des salaires de 5,5%. IG-Metall pourrait donc également accepter une réduction de ses exigences. C'est en tout cas ce que souhaite le chancelier Schröder qui avait appelé les parties à un compromis raisonnable et qui s'est réjoui de l'accord de Lahnstein. "Je crois que c'est un accord politiquement responsable et conforme aux conditions économiques actuelles", a-t-il salué. Le chancelier ne peut qu'être satisfait alors que, depuis un mois, les grèves d'avertissement se multipliaient dans le pays et qu'IG-Metall avait menacé d'une grève générale "dure". Un conflit social de grande ampleur aurait pu aggraver ses difficultés dans la perspective des élections législatives du 22 septembre prochain, alors qu'il est actuellement largement devancé dans les sondages par son adversaire chrétien-social Edmund Stoiber.Reste cependant à évaluer les conséquences de cet accord pour l'économie et, notamment, sur l'inflation. Selon l'Institut allemand de recherche économique DIW, l'augmentation des salaires négociée à Lahnstein ne fait pas courir de risques à l'économie allemande. Le président du DIW Klaus Zimmermann a indiqué que l'accord "est globalement positif" et "ne menace pas le développement économique du pays". "C'est conforme avec ce que le DIW avait prévu. Il n'y aura pas de conséquence sur l'inflation". Une opinion qui n'était pas partagée par la BCE : celle-ci avait déclaré qu'une augmentation de 3,5% des salaires allemands pourrait remettre en cause le fragile rebond de la zone euro.Pour le moment, chacun reste sur ses positions à Ludwigsbourg. Klaus Zwinckel, le président d'IG-Metall a déclaré que "les conditions des employés de l'industrie chimique sont meilleures que ceux de l'industrie métallurgique. Il faut que notre accord reflette cette réalité".

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