Nouvelle baisse des commandes industrielles en Allemagne

La sortie de la récession risque d'être encore longue pour l'économie allemande. C'est ce que semblent prouver les chiffres des commandes à l'industrie annoncés à la mi-journée. Selon les estimations du ministère des Finances, les commandes industrielles ont chuté de 1% en février par rapport à janvier. Il s'agit d'une mauvaise surprise. Aucun des 16 économistes interrogés par Reuters ne s'attendait à un résultat si médiocre. Le consensus prévoyait une hausse de 1,1%, et la prévision la plus pessimiste considérait possible une chute de 0,7%.Certes, la révision à la hausse du chiffre de janvier est une bonne nouvelle. Mais les commandes industrielles sur le premier mois de l'année ont tout de même baissé de 1% (contre 2,1% initialement prévus). Sur un an, la baisse des commandes industrielles atteint 5,4% en février. Ces chiffres décevants montrent avant tout la faiblesse de la demande intérieure allemande. Les commandes industrielles domestiques reculent de 2,1% en février sur un mois. La baisse de 2,6% des commandes domestiques de biens de consommation prouve la faiblesse de la consommation allemande. Comme le souligne Ulla Kochwasser, économiste à la banque Mizuho interrogée par Reuters, "ces chiffres sont en opposition avec le scénario d'une croissance tirée par la demande intérieure ébauché hier par Wim Duisenberg".Reste que ce mauvais chiffre ne doit pas inquiéter outre mesure. La croissance de 0,3% en février des commandes industrielles à l'exportation montre que la reprise américaine commence à provoquer un frémissement outre-Rhin. Par ailleurs, on remarque une légère progression des commandes à l'industrie sur les deux premiers mois de l'année par rapport aux deniers mois de 2001 (+0,3%). Sur la même période, les commandes à l'exportation ont progressé de 1,5%.Pour l'économiste Rainer Guntermann, de Dresdner Kleinwort Wasserstein, lui aussi interrogé par Reuters, "les commandes ont atteint leur plus bas et vont s'améliorer". Selon lui, ces chiffres prouvent que la reprise sera lente outre-Rhin. Il considère que les anticipations de croissance de l'ordre de 0,75% en 2002 en Allemagne restent donc d'actualité.Ces indicateurs n'en sont pas moins une mauvaise nouvelle pour le chancelier Schröder. Ils donnent en effet de l'eau au moulin de son adversaire politique, le conservateur Edmund Stoiber, qui réclame une politique de stimulation de l'offre, mais aussi au syndicat IG-Metall. Ce dernier réclame des augmentations de 6,5% des salaires pour relancer la consommation. Le vice-président du syndicat, Jürgen Peters, a d'ailleurs ce matin lancé un ultimatum aux employeurs. "Si les négociations salariales n'aboutissent pas le 22 avril, nous lancerons un mouvement de grèves dures", a-t-il menacé. Gerhard Schröder essaie, mais en vain, depuis un mois, de modérer les demandes d'IG-Metall. Hier, Wim Duisenberg s'était inquiété d'un possible dérapage des salaires en Allemagne.latribune.f

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