Netgem poursuit sa résurrection

En hausse de 28,74% à 2,24 euros en fin d'après-midi sur le Nouveau marché, dans un volume de 520.000 titres, l'action Netgem continue de briller. Depuis son plus bas historique du 25 septembre, à 0,29 euro en séance, elle a ainsi gagné 672%, passant dans le vert en termes de performance annuelle (+1,82%). Certes, la valeur du groupe (un peu plus de 58 millions d'euros au cours actuel) n'a plus rien de commun avec celle atteinte durant les sommets boursiers de septembre 2000. L'action Netgem avait alors passé la barre des 60 euros. Mais après une restructuration sévère, l'entreprise présidée par Joseph Haddad semble retrouver un peu de confiance auprès des investisseurs. A l'origine de ce regain d'intérêt, deux faits récents : la relance du dossier de la télévision numérique terrestre (TNT) en France (lire ci-contre), qui devrait voir les premières chaînes émettre fin 2004, et surtout, ce mercredi, le lancement par Netgem au Royaume-Uni d'un décodeur destiné à la TNT britannique. Cette dernière renaît elle-même de ses cendres après la faillite du bouquet ITV Digital. Le lecteur de Netgem, baptisé "i-player", doit permettre aux téléspectateurs d'outre-Manche d'accéder à la trentaine de chaînes émettant gratuitement dans le pays depuis le 30 otobre, grâce au consortium Freeview, créé par la BBC et BSkyB.Commercialisé pour 149 livres, il sera en concurrence avec le décodeur de la BBC, vendu environ 100 livres. Mais il offre une fonction supplémentaire non négligeable : la possibilité de naviguer sur Internet à partir d'un téléviseur (à condition d'y adjoindre un clavier vendu séparément). Distribué par plusieurs chaînes de distribution généralistes ou spécialisées, l'i-player vise d'emblée un marché très important, puisque le Royaume-Uni compte 50 millions de téléviseurs analogiques et que le gouvernement britannique s'est fixé pour objectif de passer au "tout numérique" d'ici 2010. Netgem prend ainsi position sur un marché naissant mais prometteur. Le marché britannique servira aussi de galop d'essai à Netgem avant la naissance de la TNT en France, repoussée par le gouvernement Raffarin à la fin 2004, conformément aux recommandations du rapport rédigé cet été par Michel Boyon. Alors que beaucoup craignaient un enterrement de première classe de la TNT, combattue notamment par les chaînes hertziennes privées (TF1 et M6), le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, a laissé le projet survivre, tout en repoussant ses échéances. Sa décision avait signé le début du rebond boursier de l'action Netgem. La société a habilement profité de ce rebond ces dernières semaines, en mettant l'accent sur les résultats du douloureux plan de restructuration mis en oeuvre ces derniers mois. Netgem a notamment supprimé 58 postes, ramenant le niveau de ses dépenses opérationnelles entre 3,5 et 4 millions d'euros pour 2003, le tout pour un coût de 2,7 millions, inférieur au montant prévu. De quoi rassurer le marché sur la viabilité financière de l'entreprise, dont la trésorerie atteignait 19,3 millions d'euros au 31 octobre.

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