Carrefour peu optimiste sur la consommation en 2002

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Le géant de la distribution Carrefour a annoncé mercredi matin un résultat net part du groupe après amortissements et survaleurs en hausse de 14,3 % pour 2001 à 1,2 milliard d'euros. Ce résultat est en ligne avec les objectifs affichés par le groupe au début de l'année et correspond exactement au consensus des analystes. Cette amélioration des résultats du groupe s'est accompagnée d'un faible accroissement du résultat d'exploitation (EBIT) de 3,7 % en 2001 à 2,8 milliards d'euros (+8,1 % à périmètre et taux de change constants). Le chiffre d'affaires, quant à lui, est en progression de 7,2 % en 2001 à 69,5 milliards d'euros (+4,2 % à périmètre et taux de change constants). Des chiffres qui pourraient être moins bons que ceux du concurrent du groupe, Casino, qui doit annoncer aujourd'hui mercredi ses résultats pour 2001.Cette différence entre la progression de l'EBIT et celle du résultat net s'explique en partie par la cession de Picard pour 952 millions d'euros et par celle de galeries marchandes en Europe. La dette a également été réduite puisque le ratio dettes nettes sur fonds propres passe de 123 % en 2000 à 106 % en 2001.Cette hausse limitée de l'EBIT et du chiffre d'affaires s'explique d'abord par l'exposition du groupe en Amérique latine. Cette zone représente 13 % du chiffre d'affaires de Carrefour, et les ventes y ont baissé de 12,1 % l'année dernière (-3,9% à périmètre et change constants). La dévaluation du real brésilien, la crise argentine et la restructuration de supermarchés au Brésil ont ainsi lourdement pesé sur le résultat d'exploitation. Pour la zone Amériques, l'Ebit chute ainsi de 77,5 % en 2001 et se situe à 53 millions d'euros. En tout, Carrefour a subi 442 millions d'euros de dépréciations d'actifs dans cette zone.Carrefour a également été affecté en France, où il réalise 49 % de ses ventes. Le chiffre d'affaires du groupe dans l'Hexagone n'a en effet progressé que de 1 % en 2001 (3,7 % à périmètre constant). La cession imposée par les autorités françaises des magasins de surgelés Picard est, en partie, à l'origine de cette faiblesse de la croissance des ventes. Mais l'environnement économique et l'atonie de la consommation ont également joué un rôle.Pour 2002, Carrefour ne se montre guère optimiste sur les perspectives économiques générales. Le groupe prévient que le contexte de l'année sera celui d'un "ralentissement de la croissance de la consommation". Il affiche cependant pour 2002 un objectif de croissance de son chiffre d'affaires de 5 % à périmètre et taux de change constants et une progression de "10 à 15 %" de son résultat net part du groupe après survaleurs.Pour parvenir à ces objectifs, Carrefour annonce une politique commerciale agressive et un développement "dans tous les formats du groupe" (supermarchés, hypermarchés et autres structures) afin de gagner des parts de marché partout où il est présent. Même si le groupe annonce parallèlement la poursuite de sa stratégie de maîtrise des coûts pour améliorer l'Ebit, certains analystes s'inquiètent de cette politique agressive de développement qui pourrait nuire aux marges du groupe. Le marché semble lui aussi réservé. Le titre Carrefour a ainsi clôturé mercredi 5 mars à 51,75 euros, en recul de 5,31 %.

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