Ericsson s'adapte à la chute de la demande

Dépendant d'un secteur qui se contracte tous les jours un peu plus, Ericsson a confirmé aux marchés qu'il n'avait pas encore touché le fond. Avec des pertes trimestrielles plus élevées que prévu, l'équipementier suédois a également revu à la baisse les perspectives du secteur de l'équipement pour réseaux en 2002. Le groupe a prévenu que le déclin du marché serait supérieur à 20% cette année, contre une précédente estimation à -15%. Une révision à la baisse qui n'épargnera évidemment pas ses propres ventes. Pour l'an prochain, Kurt Hellström a pronostiqué des ventes annuelles de 120 milliards de couronnes. S'il maintient ce chiffre, le groupe devrait parvenir à l'équilibre, dans la mesure où il correspond au seuil de rentabilité visé par Ericsson, une fois achevé son plan de restructuration. Au troisième trimestre, Ericsson a fait des efforts particuliers en ce sens: il a réduit ses effectifs de 4.500 personnes à 71.700 salariés. Une mesure qui se traduira par une économie annuelle de 52 milliards de couronnes. Fin 2003, les effectifs devraient s'élever à 60.000 personnes. En attendant, Ericsson continue de soutenir qu'il pourra tenir, grâce à l'augmentation de capital à prix cassé de septembre. Il avait alors levé 29,5 milliards de couronnes.Pour l'instant, les chiffres du troisième trimestre restent mauvais. La perte a atteint 3,9 milliards de couronnes, contre un déficit attendu par le marché à 3,2 milliards et une perte de 6,4 milliards l'an passé. Mais lors d'une conférence téléphonique, Kurt Hellström a précisé que la perte opérationnelle en provenance de l'activité réseaux (1,3 milliard de couronnes) incluait une provision quasiment équivalente à la perte elle-même. Sans en tenir compte, cette activité était donc rentable, a-t-il assuré.Les ventes sont en ligne avec le consensus. Elles sont tombées à 33,5 milliards de couronnes, soit -28,7% par rapport à l'an passé, contre 38,5 milliards au deuxième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires atteint 97,7 milliards de couronnes, en baisse de 40% sur un an pour une perte avant impôts de 12,8 millards. L'an passé, le déficit était de 18 milliards. Plus inquiétant: le niveau de commandes sur la période juillet-septembre. Fin septembre, Ericsson avait prévenu qu'il serait inférieur au deuxième trimestre. En fait, les commandes ont fait une chute de plus de 41% en un trimestre, à 20,5 milliards de couronnes. Par rapport à l'an dernier, elles sont en retrait de 46%. Au deuxième trimestre déjà, les commandes avaient décliné de 35% sur un an. Dans un communiqué, le groupe explique cette nouvelle déconvenue en pointant du doigt nombre d'annulations de contrats dans la 3G, notamment en provenance de l'opérateur allemand en déroute MobilCom ainsi que de Quam. Ce dernier appartient à Telefonica et à Sonera, deux opérateurs qui ont décidé de geler pour l'instant leurs investissements dans la 3G.Enfin, sa joint-venture Sony-Ericsson, spécialisée dans la fabrication de téléphones portables, continue d'avoir du mal à tenir ses promesses. Les ventes trimestrielles qui se sont établies à 8,2 milliards de couronnes, correspondant à 5 millions de portables écoulés, n'ont pas suffi à générer des bénéfices. Du coup, Ericsson a consolidé dans ses comptes une perte avant impôts de 500 millions de couronnes. Encore quelques mois à ce rythme et il est très possible qu'Ericsson se retire de l'aventure débutée en octobre 2001. Début septembre, Kurt Hellstroem indiquait au Wall Street Journal qu'il ne financerait pas une activité éternellement déficitaire et qu'il se donnait encore deux ou trois trimestres avant de tirer le bilan.A Stockholm, les investisseurs sont rassurés par les précisions du PDG sur l'activité réseaux. Le titre Ericsson, après avoir perdu jusqu'à 10% dans la matinée, gagne en fin de journée 15% à 5,70 couronnes.Nortel a réduit ses pertes L'équipementier de réseau, également victime de la chute des investissements des opérateurs télécoms, a bénéficié de ses efforts de réduction des coûts au troisième trimestre. Le déficit hors éléments exceptionnel est ressorti à 10 cents par titre, un chiffre meilleur que le consensus des analystes établi à 11 cents par action. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 2,36 milliards de dollars, en baisse de 36% sur un an. Depuis sa dernière publication de résultats, le groupe avait revu ses estimations de vente deux fois à la baisse. Mais les mesures d'économies entreprises par Nortel devraient lui permettre de revenir dans le vert dès le deuxième trimestre 2003. Le nouveau plan de restructuration annoncé en août doit en effet ramener le seuil de rentabilité à 2,4 milliards de chiffre d'affaires.

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