Une cession peut-elle sauver les actionnaires de Tyco ?

A force d'investir sur le court terme, Wall Street finit également par avoir la mémoire courte. Jeudi dernier, l'action Tyco a bondi de 36% à 13,80 dollars, réalisant ainsi la meilleure performance du New York Stock Exchange. Et pourquoi cet exploit ? Parce que le conglomérat a obtenu le feu vert du gendarme boursier américain, la SEC, pour introduire en Bourse sa filiale de financement CIT.La belle affaire ! Après avoir acheté cette entreprise pour 10 milliards de dollars en 2001, et admis qu'il s'agissait d'une erreur tant son intégration au reste du groupe semblait insurmontable, Tyco espère lever, au mieux, entre 5 et 5,8 milliards de dollars grâce à cette cession.Certains investisseurs semblent malgré tout s'accrocher à toute nouvelle, plus ou moins bonne pour le groupe dont la dette s'élève à 27 milliards de dollars et dont la note a été dégradée au rang de "junk bond" par les agences Moody's et Fitch. Même si Tyco prévoit de réduire le niveau de sa dette de 10 milliards de dollars pendant les six prochains mois, les actionnaires les plus optimistes oublient au passage que la capitalisation boursière de Tyco a fondu de 100 milliards de dollars depuis le début de l'année. Et surtout qu'ils ne sont peut-être pas au bout de leur peine. Comment faire confiance, en effet, à une société dont l'ancien patron est poursuivi par la justice pour évasion fiscale et dont le nouveau est soupçonné par la presse américaine de conflit d'intérêt entre son poste de direction et son statut d'actionnaire actif d'une société financière dans laquelle Tyco a largement investi ?La SEC vient en outre de rouvrir une enquête close en 1999 sur les pratiques comptables et les acquisitions du conglomérat. Car dans les années 1990, Tyco a eu un appétit énorme, achetant 120 sociétés pour 30 milliards de dollars. De fait, le groupe constitue aujourd'hui une usine à gaz composée de sociétés spécialisées pêle-mêle dans les appareillages électriques, les sacs poubelle et autres alarmes électroniques... Autant d'actifs qui pour certains analystes font la richesse de Tyco et qui empêchent de comparer le groupe à Enron. Faut-il pour autant faire bondir l'action d'un "junk bond" quand quelque chose est manifestement pourri au royaume de Tyco ?

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