Air Lib réduit un peu plus la voilure

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la direction d'Air Lib ne se laisse pas démonter facilement. Hier, le ministère des Transports récusait le plan de restructuration présenté par la compagnie, estimant que le projet "ne saurait constituer un plan de retour à la viabilité". les pouvoirs publics laissaient alors jusqu'au 8 novembre à Air Lib pour trouver une stratégie de rechange. Jean-Charles Corbet, PDG d'Air Lib, a choisi de ne pas attendre. Moins de 24 heures après sa rencontre avec Gilles de Robien, il a présenté une copie revue et corrigée. Constatant avec dépit que sa compagnie ne pourra pas redéployer une partie de sa flotte long courrier vers l'Afrique, comme elle le souhaite, Jean-Charles Corbet annonce la suppression de 500 emplois afin de rendre son plan "euro-compatible". Amer, le patron d'Air Lib espère qu'ainsi l'Etat ira "défendre le projet à Bruxelles". "Mais ce choix est contraint, je ne l'assume pas", a-t-il ajouté. La compagnie aérienne est dans une situation financière quasi inextricable. Au 1er novembre, Air Lib aura accumulé quelques 89,5 millions d'euros de dettes vis-à-vis des pouvoirs publics : 30,5 millions au titre du prêt accordé par le Fonds européen de développement économique (FDES), 22 millions de cotisations sociales non réglées (URSSAF et Assedic), 17 millions de taxes aéroportuaires en retard et 20 millions de dettes à l'égard de la direction génrale de l'aviation civile. Avec 60 millions d'euros de pertes attendus cette année, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 775 millions d'euros, Air Lib est dans l'impasse. Le piège pourrait d'ailleurs se refermer très vite si le gouvernement français n'est pas convaincu par la nouvelle mouture du plan de restructuration concocté par les dirigeants d'Air Lib. En effet, c'est le 8 novembre qu'arrive à échéance le prêt accordé par le FDES. Le seul espoir d'Air Lib pour éviter d'avoir à rembourser cette somme - ce dont elle est aujourd'hui incapable - c'est que Paris accepter de plaider sa cause à Bruxelles et réclame la transformation du prêt en une aide à la restructuration.Or à Bruxelles pour l'instant, les affaires d'Air Lib sont assez mal engagées. La Commission européenne n'apprécie guère la politique agressive de prix bas dans laquelle s'est engagée Air Lib Express, filiale "low cost" en Europe de la compagnie aérienne.

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