Itipi mise sur le facteur humain pour tester les performances des sites

Temps moyen de chargement, pages erronées ou incomplètes, montées en charge : ces notions deviennent de plus en plus familières aux webmasters et responsables d'exploitation de sites Internet soucieux des performances de ceux-ci. Elles deviennent aussi des enjeux commerciaux avec l'explosion du marché des tests de performance. Le numéro un mondial de la spécialité, l'israélo-américain Mercury Interactive, pèse ainsi 3,6 milliards de dollars de capitalisation boursière. Et il fait des envieux : rien qu'en France, une petite dizaine d'acteurs s'efforcent de prendre des positions solides, dont les plus connus s'appellent Witbe ou Keynote. Mais la concurrence a déjà fait des victimes : Qualiope, qui avait levé plus de 12 millions d'euros en 2000, a mis la clé sous la porte l'été dernier.Pour tenter de faire son trou, la plus jeune de ces start-up, Itipi, a donc choisi un positionnement "décalé" : alors que ses concurrents privilégient les tests automatiques, réalisés par des ordinateurs simulant des visites sur le site Internet à tester, Itipi mise sur des simulations "réelles" effectuées par des échantillons d'internautes à partir d'un panel de 4.500 volontaires. Rémunérés (un peu plus d'un euro par test), ces testeurs, "convoqués" en ligne à une heure donnée, réalisent, à partir d'un navigateur Web propriétaire capable d'enregistrer les données en temps réel, un scénario de test pré-établi, simulant par exemple une commande sur un site de voyages. Au-delà des seules mesures techniques permettant de mettre les sites à l'épreuve d'une "montée en charge" (un afflux soudain de trafic), et donc de détecter d'éventuels goulets d'étranglement, le test est censé apporter des éléments complémentaires, en matière de comportement des internautes et de perception. "Les panélistes vont souvent au-delà du scénario de départ", explique Etienne Krieger, vice-président en charge des finances et du développement. "Nous fournissons ainsi des éléments sur la performance perçue du site. Or la tolérance de l'internaute à un temps de réponse dépend souvent de la tâche concernée". Une dimension qualitative amenée, pour Itipi, à prendre une place de plus en plus large dans la demande des sites : "beaucoup de sites sont en train de passer au payant, explique Etienne Krieger. Dans ce cas, pour les visiteurs, l'exigence de performance du site augmente et passe parfois devant l'exigence de sécurité. D'où la nécessité de trouver le bon compromis entre sécurité et performance". Pratiquant des prix comparables à ceux de ses concurrents (un prix de base de 750 euros, qui peut monter jusqu'à 15.000 euros lorsque les test sont complétés par des interventions de conseil), Itipi a déjà su convaincre de grands noms du Web français, comme M6, Travelprice, Self Trade ou le cybermarché Houra. Une cinquantaine de références au total, pour lesquels Itipi a déjà réalisé 300 tests. "Nous sommes les seuls au monde à pouvoir générer une quantité pré-définie d'internautes à un moment donné", assure Etienne Krieger. Fort de 1,5 million d'euros levés l'an dernier (auprès de Dassault notamment), Itipi, qui emploie 17 personnes, prévoit de se lancer rapidement à l'assaut des grands marchés européens, en commençant par le Royaume-Uni, "un marché déjà deux à trois fois plus gros que la France", souligne Etienne Krieger. Pour ne pas absorber trop de ressources, ce développement international se fera par le biais de partenariats. Par exemple avec des hébergeurs : "ils développent tous des services à valeur ajoutée, ce sont donc des partenaires naturels".

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