BellSouth sème l'inquiétude sur la santé du marché américain

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Le marché américain du mobile, considéré il y a encore peu de temps comme une poche de résistance au ralentissement de la croissance, serait-il lui aussi rattrapé par la crise ? Wall Street se pose la question après la révision à la baisse des prévisions financières de BellSouth, le n°3 américain de la téléphonie locale et actionnaire à 40% de Cingular Wireless, le deuxième opérateur mobile du pays.BellSouth, qui compte 14 millions de clients, a annoncé jeudi soir que son résultat annuel par action se situerait sans doute entre 2,06 et 2,13 dollars, soit 7 cents de moins qu'attendu jusqu'à présent. Les précédentes estimations, formulées fin juillet à l'occasion de la publication des résultats du deuxième trimestre, étaient pourtant déjà inférieures de 10% à celles évoquées au printemps.Pour expliquer cette révision, BellSouth, qui revendique 44 millions de clients dans 15 pays, met en avant la faiblesse continue du chiffre d'affaires du mobile, le coût de la restructuration récemment annoncée de Cingular Wireless et la dégradation des indicateurs économiques américains. Même si les difficultés de Cingular Wireless ne constituent pas une surprise, la filiale de BellSouth et SBC ayant annoncé récemment 4 à 5.000 suppressions d'emplois (lire ci-contre), le "profit warning" du groupe d'Atlanta inquiète les analystes financiers. Pour Adam Quinton, de Merrill Lynch, cet avertissement cinq semaines seulement après la publication des précédentes prévisions "met en évidence la vitesse à laquelle les conditions de marchés semblent s'être détériorées". A Wall Street, la révision des prévisions de BellSouth a jeté un coup de froid sur l'ensemble des valeurs liées au marché mobile : à mi-séance vendredi, BellSouth chutait de 6,35%, SBC de 5,04%, Verizon (premier opérateur mobile américain) de 3,62% et Sprint, le n°3 de la téléphonie longue distance aux Etats-Unis, de 3,83%. Qu'elles soient dues à un ralentissement de la croissance ou à l'effet de la concurrence sur les marges, les difficultés de Cingular viennent souligner, une fois de plus, la nécessité d'une concentration du marché américain du mobile, sur lequel s'affrontent six grands acteurs (Verizon, Cingular, AT&T Wireless, Sprint PCS, Nextel et VoiceStream). Une rationalisation appelée de leurs voeux par la plupart des observateurs et par certains acteurs du secteur, mais qui peine à démarrer. Le désendettement à marche forcée de Deutsche Telekom pourrait en donner le coup d'envoi si le géant allemand se résolvait à céder tout ou partie de VoiceStream, racheté en 2000.

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