Intershop ne parvient pas à sortir la tête de l'eau

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Star déchue de la nouvelle économie allemande, promise il y a deux ans à une réussite planétaire, Intershop, redevenu "petit" éditeur de logiciels de commerce électronique, n'en continue pas moins de payer ses ambitions démesurées. Le groupe de Iéna, dans l'ex-RDA, a une nouvelle fois publié des résultats inférieurs à des prévisions pourtant plus que modestes. Au quatrième trimestre 2001, son chiffre d'affaires n'a en effet pas dépassé 11,7 millions d'euros, ne parvenant pas à atteindre les 12 à 13 millions encore évoqués en décembre. Ce chiffre est en recul de 20% sur celui du troisième trimestre, et de 61,5% sur le dernier trimestre 2000.Autre déception : la lenteur de la réduction des pertes. Sur les trois derniers mois de l'année écoulée, Intershop a encore perdu 24,7 millions d'euros, contre 32 millions sur le trimestre précédent. Pour l'ensemble de l'année 2001, la perte nette, plombée par les charges de restructuration et les dépréciations d'actifs, atteint 131,8 milions d'euros, contre 38,9 millions en 2000. Le tout pour un chiffre d'affaires en recul de 45% à 68,7 millions, alors que le groupe espérait, au printemps de l'an dernier, maintenir ses ventes sur l'ensemble de l'année. Certes, les charges d'exploitation ont été réduites de 63% en un an, pour revenir à 22,3 millions d'euros. Mais c'est encore trop pour espérer ramener rapidement les comptes dans le vert, alors même que la trésorerie est tombée à 36,3 millions d'euros en fin d'année, en baisse de 20% sur un an. Intershop ne cherche d'ailleurs plus à dissimuler l'urgence de la situation : "dans le but d'accélérer considérablement la marche d'Intershop vers la rentabilité", explique son fondateur et PDG, Stephan Schambach, le groupe a adopté une nouvelle batterie de mesures de restructuration. Une nouvelle équipe de direction a été mise en place, l'organisation de l'entreprise va être entièrement remaniée, supprimant deux niveaux d'encadrement pour faciliter la prise de décision. Et surtout, les effectifs vont à nouveau se réduire, passant de 733 à 500 personnes d'ici la fin du premier semestre pour retrouver le niveau de la fin 1999, alors qu'ils dépassaient encore le millier de personnes il y a un an.La reprise des ventes n'est pas à l'ordre du jour : le chiffre d'affaires du premier trimestre devrait être équivalent à celui des trois derniers mois de 2001, malgré la "modeste" hausse attendue des ventes de licences de son produit vedette, la plateforme Enfinity. L'objectif prioritaire de l'entreprise reste évidemment de ramener ses comptes dans le vert - sur une base trimestrielle - avant la fin de l'année, essentiellement en diminuant ses dépenses. En recul de 9,68% en fin de journée mardi sur le Neuer Markt, à 1,40 euro, l'action Intershop se rapprochait de ses plus bas historiques. Elle avait dépassé les 130 euros début 2000. latribune.f

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