Enition dans les starting-blocs des services mobiles payants

Entrée il y a quelques jours dans la prestigieuse sélection des 100 start-up européennes du magazine Tornado Insider, Enition voit dans cette nomination un heureux présage. Mais la start-up française, qui vient de fêter son troisième anniversaire, aimerait visiblement concrétiser cette reconnaissance en signant des contrats. Car même si elle est reconnue depuis deux ans déjà comme un précurseur en matière de monétisation des contenus et services sur Internet, Enition peine à trouver des clients. En cause : certainement pas le produit, ni la stratégie, validée par les projets des opérateurs, mais les retards successifs dans les investissements de ces derniers. "Il y a un an, on riait quand nous parlions de services payants. Pourtant, nous sommes sur un créneau qui va aider les fournisseurs de services et de contenus à gagner plus d'argent, résume Normand Tremblay, le PDG d'Enition. Mais le climat économique, les tristes événements de l'automne dernier et les problèmes propres au secteur des télécoms ont provoqué un décalage dans notre business plan, qui devrait atteindre six à douze mois". En attendant, Enition concentre ses efforts sur la France et l'Allemagne, deux marchés choisis pour leur taille mais aussi en raison de l'arrivée de l'i-mode, le bouquet de services développé par le japonais NTT DoCoMo. "L'i-mode n'est qu'un packaging, explique Normand Tremblay. Mais il va refléter l'évolution à deux vitesses du marché : l'abonnement d'abord, puis la facturation à l'acte" ("event-based billing", en version originale).Une évolution à laquelle Nettoll, la solution développée par Enition, s'efforce de coller au plus près. La dernière version, "Nettoll 3.0", gère ainsi le contrôle de l'accès aux services et aux contenus (par abonnement ou prépayé), la facturation à l'usage ou à la transaction mais aussi les services dits "indivisibles" : dans le cas du téléchargement d'un fichier, Nettoll doit s'assurer que le client a bien reçu la totalité des informations avant de le facturer. Au-delà, la plate-forme permet aux opérateurs de gérer en temps réel les relations avec leurs fournisseurs de services et de contenus, voire avec les intermédiaires que sont les aggrégateurs de contenus. Une approche dans laquelle "il faut être capable d'analyser chaque session de consultation, puis de remonter les informations au système de facturation", explique Eric Zanaska, responsable avant-vente. Signe encourageant pour Enition : l'entreprise commence à recevoir des "RFI" (request for information), première étape indispensable avant la signature d'un contrat. "On peut penser que ces RFI pourront déboucher sur des décisions menant à des déploiements d'ici neuf à douze mois, soit mi-2003 environ", ajoute Normand Tremblay.Le retard pris dans la concrétisation du business plan a obligé Enition a ramener ses effectifs de 38 à 26 personnes ces derniers mois. Mais la société n'a aucun problème de financement : elle a levé 16,5 millions d'euros il y a moins d'un an et ses actionnaires prestigieux, comme Cisco, Nokia, Softbank et Reuters, continuent de la soutenir. Notamment pour trouver des agents en Asie, "où le marché est plus mature", explique Normand Tremblay.

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