Sept ans de réflexion

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Elle crée à Jersey une structure de cantonnement, Bâticredit, dont l'objet est de recueillir les actifs douteux d'UIC-Sofal, sa filiale spécialisée dans le financement des professionnels de l'immobilier et des marchands de biens, rachetés à leur valeur comptable pour les vendre. Ce médicament miracle pour soigner une crise immobilière s'appelle "défaisance". Sept ans plus tard, si l'on en croit le rapport que vient de transmettre la Cour des comptes au Président de la République, on peut se demander si ce médicament ne relevait pas davantage d'une recette de marabout. Selon l'institution de la rue Cambon, la défaisance aurait totalisé 2,88 milliards d'euros de pertes (en valeur actualisée au 31 décembre 2000) dont 1,4 milliard d'euros supportés par l'Etat. Et au final, toujours selon le rapport, le sauvetage du Gan est loin d'être indolore pour le budget de la nation, des chiffres contestés toutefois par Bercy. En tout cas, la Cour des comptes ne se prive pas d'épingler la manière dont les actifs ont été liquidés, souvent avec des décotes importantes et une certaine opacité. Elle met en exergue les carences du contrôle tant en interne qu'au niveau de l'autorité de tutelle. Mais, il aura fallu sept ans pour faire le constat et tirer les leçons de ce gâchis. Pourtant, quatre ans plus tôt, en décembre 1997, lorsque certains députés se sont émus des déboires du Gan et ont demandé l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire, leur démarche n'a pas abouti, pour des raisons certes de procédures qui ont toutefois arrangé beaucoup de monde. Juste avant la privatisation du Gan, il était préférable d'éviter les vagues. Mais aujourd'hui que l'affaire est passée, il ne reste plus qu'à en tirer les leçons.

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