"Les actions bien armées face à une remontée des taux"

"La Tribune" - Les actions sont-elles menacées par une remontée rapide des taux ?Eric Galiegue - L'année 2002 devrait être caractérisée par la hausse des rendements. Ce sont les taux obligataires qui pourraient monter le plus (50 points de base). La reprise économique en vue pour 2002 et surtout 2003 devrait susciter une hausse classique des taux. Ensuite, l'ouverture des déficits budgétaires (Japon, Europe et surtout USA) devrait générer une nouvelle offre d'obligations d'Etat. Enfin, il faut bien admettre qu'à terme la reflation monétaire massive, associée à certains facteurs réels, pourrait relancer les anticipations d'inflation à long terme.Après la baisse des valorisations en Bourse, les actions sont-elles protégées contre cette tension des taux obligataires ?La hausse des taux obligataires n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour les marchés d'actions, tant que cette tension reste confinée à 50 points de base. Au contraire, elle valide le retour de la croissance, donc des bénéfices anticipés. En ce qui concerne le rendement des actions, il atteint, selon le consensus JCF Group, 2,8 % pour le SBF 120, soit plus de la moitié des taux obligataires actuels (5 %). Ce ratio est significativement plus élevé que la moyenne observée depuis 30 ans (40 %), ce qui reflète la sous-évaluation actuelle des actions. Par ailleurs, la rentabilité attendue des actions est aujourd'hui proche de 9 % (2,8 % de rendement, plus 4 % de croissance réelle, plus 2 % d'inflation à long terme), ce qui induit une prime de risque proche de 4 %, contre 3 % observée sur longue période. Le rendement des actions et surtout la croissance anticipée actuellement les protègent donc contre la prévisible tension des taux obligataires.Instantanément, le PER du marché reflète-t-il ces anticipations ?Le PER 2002 des valeurs du SBF 120 atteint, selon le consensus JCF Group, en moyenne 20, soit exactement l'inverse des taux obligataires. Ce chiffre est faible par rapport aux normes historiques puisque, en général, le PER des actions égale le PER des obligations (inverse du taux de 5 %) augmenté de 3 points. Le PER induit par les taux actuels ou "théorique" vaut donc aujourd'hui 23. Il en ressort que le SBF 120 est sous-évalué.

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