Deutsche Bank, grand gagnant de l'OPA sur Jefferson Smurfit

 |  | 465 mots
Lecture 2 min.
Deutsche Bank va consolider sa première place européenne pour les LBO après avoir annoncé qu'elle avait été sélectionnée par Madison Dearborn, le groupe américain de capital -investissement, pour l'assister dans l'OPA sur Jefferson Smurfit, le spécialiste irlandais du packaging coté en Bourse.La banque d'affaires basée à Londres était déjà à la première place du classement compilé par Mergermarket pour le premier trimestre de l'année 2002 avant cette transaction. Elle a servi de banque-conseil dans pas moins de sept opérations de LBO dont la valeur cumulée atteint 5,5 milliards d'euros. Un chiffre qui va sûrement doubler si le rachat de Smurfit se concrétise.La famille Smurfit a travaillé de concert avec Madison Dearborn et il semble qu'elle soit prête à redistribuer aux actionnaires les 29% que la compagnie détient dans Smurfit Stone, la branche spécialisée dans le packaging papier et carton. Cependant, des personnes qui connaissent bien Smurfit maintiennent que Deutsche Bank, en tant que banquier conseil et pourvoyeur de finances, devra également résoudre le problème du cash-flow négatif en Amérique Latine. Un problème qui pourrait hypothéquer la capacité à lever les fonds nécessaires au rachat. Un avocat spécialisé en finances mais non impliqué dans la transaction confirme ainsi que l'Amérique Latine, qui représente 20% des ventes totales du groupe Smurfit, pourrait être un obstacle important, à moins que Madison Dearborn puisse convaincre ses prêteurs que les risques politiques inhérents au continent sont couverts. Mais comme les marchés sud-américains de l'assurance sur le risque politique sont fermés à l'heure actuelle, cela risque d'être difficile, affirme l'avocat.Ces problèmes devraient en théorie laisser la porte ouverte à une contre-offre de la part des nombreux rivaux de Jefferson Smurfit basés en Europe ou en Amérique du Nord. Mais si Madison Dearborn est présent à un stade aussi avancé des négociations, cela pourrait aussi indiquer que l'environnement est peu propice a une offre concurrente. Le service Investisseurs de Moody's, l'agence internationale de notation, pense que si deux entreprises leaders du packaging en Europe venaient à fusionner, il est probable que des concessions soient demandées par les autorités de la concurrence."Si, par le passé, nous avons trouvé des positions dominantes dans le secteur, il est fort probable que nous allons encore en trouver par la suite" : telle est la réponse donnée par une source de la Commission Européenne quand on lui a demandé si le rachat de Smurfit par un concurrent européen pourrait recevoir le feu vert de Bruxelles. Toutefois, une autre question se pose si un tel rachat est peu probable: comment Madison Dearborn pourra-t-il sortir ultérieurement de son investissement dans Smurfit ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :