Deutsche Telekom pourrait vendre T-Systems

Deutsche Telekom envisagerait de vendre T-Systems, sa filiale spécialisée dans les technologies de l'information: c'est du moins ce qu'avance le Financial Times dans son édition de mardi. Selon le quotidien, qui s'appuie sur des sources internes, la vente de T-Systems serait la seule solution envisageable dans l'immédiat, permettant au groupe d'alléger le fardeau de sa dette qui s'élève à 67 milliards d'euros. L'opération lui rapporterait entre 4 et 6 milliards d'euros d'après les estimations d'ABN-Amro. Toujours dans le but de faire entrer du cash, l'opérateur pourrait également se défaire d'une partie de sa filiale Internet T-Online, tout en gardant la majorité du capital.Le groupe concrétiserait ces deux opérations dans le but de respecter son objectif de désendettement déjà reporté d'un an. Dernière promesse en date: l'opérateur doit ramener sa dette à 50 milliards d'euros à fin 2003. Il comptait bien pour cela introduire en Bourse sa filiale T-Mobile. L'opération, maintes fois reportée, est censée lui rapporter quelque 10 milliards d'euros. Mais le contexte actuel ne favorise pas ce type d'opération.Le groupe a déjà retardé d'un an son objectif de désendettement, attendu auparavant pour la fin de cette année, en raison de l'échec de la vente de son réseau câblé, censée lui rapporter 5,5 milliards d'euros. A part une hypothétique introduction en Bourse de T-Mobile, Deutsche Telekom prévoit la vente d'actifs non stratégiques pour un montant de 2 à 3 milliards d'euros, des cessions immobilières pour la même somme, et la cession de sa part dans France Télécom pour 1 milliard d'euros (possible à partir de janvier 2003).Si à court terme ces ventes permettraient au groupe d'alléger son bilan, elles signifieraient également une remise en cause de la stratégie de l'opérateur, jusqu'ici basée sur quatre pôles: la téléphonie fixe (DT), la téléphonie mobile (T-Mobile), Internet (T-Online) et les services aux entreprises (T-Systemss).La rumeur arrive alors que le PDG du groupe Ron Sommer est dans une position délicate. A l'approche des élections législatives allemandes du 22 septembre, les spéculations vont bon train. Selon Focus, Gerhard Schröder voudrait remplacer le patron allemand avant les élections, une information aujourd'hui démentie par le gouvernement. Il faut dire que la stratégie de Ron Sommer, à l'origine de l'endettement massif du groupe, a souvent été montrée du doigt. Elle a en effet conduit à la chute de l'action en Bourse. Le titre, qui dépassait les 100 euros il y a deux ans, vaut un peu plus de 10 euros aujourd'hui, après être tombé jusqu'à 8,14 euros en séance. Or "l'action T" - surnommée ainsi en Allemagne - est à l'origine de l'engouement populaire pour la Bourse outre-Rhin. Preuve que l'hypothèse d'un remplacement de Ron Sommer est prise très au sérieux, Deutsche Telekom a annoncé aujourd'hui la tenue d'une réunion de son conseil de surveillance consacrée à l'avenir de son PDG. Les quatre membres de la présidence du conseil de surveillance entendent demander au gouvernement allemand, son principal actionnaire qui détient 43% de l'ancien monopole public, des explications sur le sort de Ron Sommer.La perspective d'un départ de ce dernier enthousiasme les marchés. Le titre Deutsche Telekom gagne 6,60% mardi à la Bourse de Francfort, à 11,30 euros.

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