Encore des perturbations dans les transports, multiplication des incidents

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La tendance était plutôt à la décrue des perturbations dans les transports, aujourd'hui, même si un regain de tension à la RATP semble être apparu en fin de journée. Après qu'une bonne moitié des lignes de métro aient été considérées comme fonctionnant normalement dans la matinée, il n'y en avait plus que trois ou quatre dans ce cas en fin d'après-midi. La ligne B du RER était toujours affectée, le trafic des bus étant, lui, "quasi normal". A la SNCF, le taux de grévistes s'élevait à 19,6% jeudi après-midi, contre 23,8% mercredi et 41,1% mardi, au premier jour de la grève, selon la direction de l'entreprise publique. Les Eurostar et les Thalys fonctionnaient normalement, tandis que les trains Corail circulaient à raison de deux trains sur trois en moyenne. En Ile de France, les perturbations étaient variables, avec trois trains sur quatre à Paris-Est, deux sur trois à Montparnasse et à Saint-Lazare, et un sur trois à Paris Nord. Sur les RER, la ligne B était la plus affectée.En province, Marseille est demeurée la ville la plus touchée par les mouvements sociaux. Selon la Régie des transports marseillais, 14% seulement des bus et 65% des métros circulaient en début de matinée. Quant au trafic aérien à l'aéroport de Marseille-Provence, il est resté perturbé, sans annulation de vol mais avec des retards d'une demi-heure à une heure. Barrages filtrantsSi le mouvement de grève dans les transports semble ainsi retrait, les opérations de blocage par de petits groupes de manifestants se sont multipliées. Dans la région parisienne, par exemple, une centaine de personnes, dont une grande majorité d'enseignants, ont tenté de bloquer un dépôt de bus de la RATP à Bagnolet. Au Havre, des enseignants, des douaniers, des postiers et des hospitaliers grévistes ont bloqué le port, barrant les six principaux points d'accès avec des barrages de palettes et de plots de chantier. A Brest, ce sont des ronds-points autour de la ville qui ont été la cible des grévistes, qui y ont installé des barrages filtrants. Des opérations du même type ont été menées à Toulouse, provoquant pendant plusieurs heures de grosses difficultés de circulation et des échauffourées avec les forces de l'ordre. A Roanne, des manifestants ont distribué des tracts aux automobilistes.Autre type d'action: des cheminots grévistes ont bloqué un TGV Nice-Paris près de Cannes. A Brétigny-sur-Orge, quelque 150 cheminots ont occupé un poste d'aiguillage. Au Mans, enfin, le trafic TGV sur les lignes Paris-Nantes et Paris-Rennes est redevenu normal après qu'une centaine de cheminots qui occupaient un important poste d'aiguillage, en aient été délogés par la police dans la nuit de mercredi à jeudi. Le Medef de La Rochelle incendiéDeux incidents sérieux ont également impliqué des bâtiments du Medef. A Pau, le siège de l'organisation patronale a été saccagé par quelques dizaines de manifestants. Une vitrine du local a été brisée, et des photocopieuses, des ordinateurs et des bureaux ont été renversés. Surtout, à La Rochelle, les bureaux du Medef ont été ravagés par un incendie qui s'est déclenché lorsque des manifestants ont allumé des pneus contre la façade de l'immeuble. Les pompiers ont procédé à l'évacuation, par la grande échelle, de neuf personnes qui s'étaient réfugiées sur le toit de ce bâtiment de deux étages. Il n'y a eu aucun blessé.La situation ce jeudi semble donc confirmer la double évolution observée hier : décrue du mouvement général de grève, tendance à la radicalisation chez les éléments les plus motivés. Une évolution qui place les syndicats dans une situation délicate : il leur faut trouver le moyen d'entretenir le mouvement, sans donner prise aux débordements.D'où le choix effectué mercredi soir par quatre syndicats de cheminots, la CGT, la CFDT, FO et l'Unsa, de tenter de relancer la mobilisation à partir de mardi prochain, avec le dépôt d'un nouveau préavis de grève pour ce jour-là, qui verra le début de l'examen au Parlement du projet de loi sur les retraites. Les trois premiers syndicats ont déposé un prévis de grève reconductible, l'Unsa se contentant d'un préavis de 24 heures. Onzième grève nationale des enseignantsLa journée de mardi prochain s'annonce donc comme un nouveau temps fort de la lutte syndicale contre le projet du gouvernement, puisque la journée sera marquée également par des grèves et des manifestations interprofessionnelles, appelées par les confédérations CGT, FO, Unsa et la FSU. Les enseignants organiseront pour leur part leur onzième jour de grève nationale. D'ici là, les stratégies suivies par les syndicats de la SNCF divergent de plus en plus. La CFDT de la SNCF soutient le principe d'une suspension du mouvement jusqu'à mardi prochain, tandis qu'à l'inverse, Sud-Rail veut poursuivre la grève reconductible de jour en jour. Quant à la CFTC, elle a décidé de ne plus appeler à poursuivre la grève.

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