Bush déclare la guerre... au chômage et à la récession

Il y a autant urgence à la maison qu'à l'étranger. A n'en pas douter, George Bush a regardé les derniers sondages - en baisse - avant de préparer son discours annuel sur l'état de l'Union, prononcé hier soir devant les élus du Congrès. Et il a su aussi, une fois de plus, se souvenir de l'histoire d'un père qui n'avait pas pu profiter de la victoire contre Saddam Hussein : une récession économique, puis une croissance sans emploi, l'en avaient empêché. Du coup, George Bush junior, face à une opinion publique peu convaincue de l'urgence absolue qu'il y aurait à déclarer une nouvelle guerre à l'Irak, a privilégié une autre urgence, intérieure cette fois-ci. Elle se situe sur le front de l'emploi. Le président a repris son discours sur la croissance et l'emploi prononcé à Chicago il y a 3 semaines, et martelé la même priorité, celle de voir fleurir les affichettes "help wanted" ("on embauche") à travers tous les Etats-Unis. Pour cela, il a redemandé au Congrès de voter les réductions d'impôts proposées et d'accélérer celles qui étaient déjà prévues pour les années à venir. Mais un discours sur l'Etat de l'Union à mi-mandat ne doit oublier personne, et surtout pas, à l'aube d'une nouvelle campagne présidentielle, des sympathisants potentiels. Le président a d'abord pensé aux futurs retraités, avec son projet de privatisation partielle des caisses de retraite, et aux personnes âgées, avec une réforme de l'assurance santé. Soignant son ancienne image, remise au goût du jour pour l'occasion, de conservateur compatissant, il a ensuite proposé d'aider tout le monde : les orphelins, les drogués, les malades du Sida, y compris en Afrique... Bref, le mot Irak n'a été prononcé que 40 minutes après le début d'un discours d'une heure. Heureusement d'ailleurs, car le président, même après plusieurs heures de répétition, ne sait toujours pas prononcer correctement le mot "nucléaire". Aussi on ne s'étonnera pas qu'il laisse le soin à Colin Powell, son secrétaire d'Etat, de présenter, le 5 février prochain, aux Nations Unies, la preuve que Saddam cache bien tout un arsenal, et des liens qu'il aurait avec Al Qaida. Une tentative supplémentaire pour essayer de convaincre les Américains, et les alliés, de rejoindre la Maison Blanche dans sa croisade "pour la liberté".

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