Rhodia réduit la voilure pour obtenir le soutien de ses banques

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La stratégie de la nouvelle direction de Rhodia se dévoile peu à peu. Comme le révèle ce matin La Tribune (lire ci-contre), le groupe a renforcé son plan de désinvestissement massif. Ce ne sont plus 600 millions d'euros d'actifs qui devraient être cédés d'ici à la fin de 2004, mais bien désormais 700 millions d'euros. Par ailleurs, le chimiste a précisé qu'il avait identifié un ensemble d'activités à gérer pour un montant global de 1,3 milliards d'euros. L'idée est évidemment de "recentrer son portefeuille stratégique".En marge de ces cessions, le groupe a confirmé qu'il avait engagé une "simplification de ses structures opérationnelles" qui devrait, en 2006, permettre de dégager 165 millions d'euros en 2006. A cette date, le groupe ne devrait plus compter que 9 sociétés, contre 17 actuellement. Enfin, les sites industriels "non compétitifs" devraient fermer leurs portes et permettre une économie de 35 millions d'euros en 2005 et de 80 millions d'euros en 2006. Le chimiste devrait donner des chiffres sur les réductions d'effectifs envisagées en décembre prochain. Selon les syndicats, 3.000 emplois seraient menacés. Ce plan de réductions de coûts et de désinvestissements devrait s'accompagner d'un plan de refinancement de la dette de 2,1 milliards d'euros accumulée par le groupe. La Tribune annonçe ce matin que les banques devraient accorder un crédit syndiqué de 700 millions d'euros. Dans son communiqué, le groupe a confirmé qu'il était "en discussions avancées" avec ses banques et qu'il aurait acquis un "accord de principe" sur la consolidation de son financement à moyen terme. Il a reconnu que ce plan comprenait un crédit syndiqué. Rhodia pourrait également avoir recours à une augmentation de capital de 300 millions d'euros, mais cette émission ne serait plus la condition sine qua non du soutien des banques. Le groupe a d'ailleurs indiqué qu'il n'était pas question, dans les conditions actuelles du marché, de lancer cette opération. Nouvelle preuve, s'il en était besoin, que refinancement et augmentation de capital se sont pas liés.Le marché a bien évidemment interprété ces indications comme le signe fort du soutien retrouvé des banques, alors que le groupe a annoncé qu'il ne pourrait pas faire face, dans les conditions actuelles, à l'échéance d'une dette d'un milliard d'euros à la fin de l'année. Le titre a donc fortement rebondi, gagnant 6,94% à 4,47 euros en fin de séance, dans un marché hésitant.Les investisseurs n'ont donc pas fait la fine bouche, malgré des résultats trimestriels très décevants. Rhodia a en effet annoncé un chiffre d'affaires en retrait de 19% sur un an à 1,29 milliards d'euros. Avant survaleurs, la perte nette est passé de 16 millions d'euros il y a un an à 89 millions entre juillet et septembre 2003. Sur neuf mois, la perte cumulée atteint désormais 248 millions d'euros. Sur les neuf premiers mois de l'année 2002, Rhodia n'avait perdu que 23 millions d'euros. Et le groupe a prévenu qu'il ne voyait aucune amélioration de l'environnement du groupe à court terme. L'évolution de Rhodia doit au moins satisfaire les actionnaires minoritaires qui voient en quelque sorte leur programme repris par la nouvelle direction. Malgré leur semi-échec lors de la dernière assemblée générale en avril dernier, ils sont parvenus aujourd'hui à imposer deux de leurs objectifs : le départ de Jean-Pierre Tirouflet et l'adoption d'un programme de cession d'actifs.

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