Thomson dans le rouge au premier semestre 2003

Thomson continue à souffrir du dollar faible et de la morosité des consommateurs, notamment américains. Le groupe français a ainsi annoncé une perte nette part du groupe de 92 millions d'euros. Voici un an, sur la même période, Thomson était parvenu à dégager un bénéfice de 123 millions d'euros. Un chiffre conforme aux attentes des analystes puisque le consensus Reuters prévoyait une perte de 91,3 millions d'euros.Ce mauvais résultat s'explique d'abord par le recul important des ventes. Le chiffre d'affaires a en effet diminué de 23,2% en un an sur le premier semestre à 3,82 milliards d'euros. Selon le groupe, l'impact des taux de change est de 14%. En termes de résultat opérationnel, l'hémorragie est encore plus marquée : il a reculé de 42% à 143 millions d'euros. La marge d'exploitation perd ainsi 120 points de base et se situe au premier trimestre à 3,9%. Enfin, les coûts de restructurations se sont élevés au cours des six premiers mois de l'année à 110 millions d'euros. Ils étaient de 46 millions d'euros au cours du premier semestre 2002. Autant d'éléments qui ont donc contribué à faire glisser Thomson dans le rouge.Mais l'explication centrale de ces résultats négatifs réside dans la très mauvaise performance de la division Produits grand public (37% des ventes du groupe). La concurrence asiatique et la faiblesse de la consommation américaine ont entraîné une baisse du chiffre d'affaires de cette activité de 33% sur le semestre et de 36% sur le trimestre. A taux constants, la baisse trimestrielle atteint encore 27% et la baisse semestrielle 24%. Et, selon Thomson, cette baisse est autant liée aux volumes qu'aux prix. Du coup, la division affiche à elle seule une perte opérationnelle de 81 millions d'euros au premier semestre. Le groupe a néanmoins réussi à limiter la casse au cours du deuxième trimestre puisque la perte est passée en trois mois de 51 à 30 millions d'euros.Autre élément d'inquiétude, la branche composants qui a vu son chiffre d'affaires diminué de 46% en un an sur le premier semestre. Même si cette activité compte moins dans les ventes du groupe (13%), elle affiche une perte d'exploitation de 38 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année contre un bénéfice de 44 millions l'an passé. Sur ce marché, Thomson doit faire face à une sévère concurrence des p^producteurs sud-américains et asiatiques. Seul havre relatif de paix, les divisions Contenu & Réseaux et Licences qui, comme au premier trimestre, soutiennent la rentabilité opérationnelle du groupe. L'activité Contenu & Réseaux, qui comprend notamment la duplication de DVD et les décodeurs divers, a ainsi affiché une croissance hors effets de change de ses ventes de 12% sur un an durant le semestre. Si l'on prend en compte les taux de change, la baisse des ventes est limitée : -3%. Le groupe profite notamment du développement important des DVD. Mais le bénéfice opérationnel de cette activité s'est néanmoins réduit de 7% sur un an à 137 millions d'euros. La seule division en pleine forme est donc l'activité Licences. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 8% (15% hors taux de change) au premier semestre, cette division réalise un résultat opérationnel de 185 millions d'euros et, malgré sa faible taille (5,4% du chiffre d'affaires), parvient à faire basculer l'opérationnel de Thomson dans le vert. Pour le reste de l'année, le groupe espère connaître un redressement spectaculaire au second semestre. Il prévoit pour les six derniers mois de l'année, un chiffre d'affaires compris entre 4,7 et 5,1 milliards d'euros. Sur l'ensemble de l'année 2003, les ventes progresseraient donc hors effets de change. Le groupe s'appuiera pour cela sur ces nouveaux produits (nouvelle gamme de tubes extra-plats, nouvelle ligne haut de gamme en Europe et aux Etats-Unis). En termes de rentabilité, Thomson estime que les branches Contenus & Réseaux et Licences continueront de soutenir la marge d'exploitation. Mais il compte sur une amélioration de la situation des produits grand public. L'objectif d'une marge d'exploitation de 6,5% en 2003 et de 8 à 9% en 2004 est donc maintenu. Autant d'éléments qui ont plu aux investisseurs. L'action, qui a gagné jusqu'à 6,5% dans la matinée, a fini en hausse mercredi de 1,95% à 13,59 euros.
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