L'action NicOx à la dérive

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NicOx n'en finit pas de donner des sueurs froides aux investisseurs. Mardi, la société a annoncé dans un communiqué qu'elle récupérait les droits de ses médicaments anti-inflammatoires et analgésiques connus sous le nom de CINOD. Ces droits avaient été cédés au laboratoire anglo-suédois AstraZeneca pour leur développement en phase II. En février dernier, AstraZeneca avait fait part dans un communiqué des "résultats décevants" des tests sur ces médicaments. L'action NicOx avait alors perdu plus de 80% de sa valeur dans la journée, passant des alentours de 10 euros, à moins de 2 euros. Depuis, NicOx a réalisé des contre-expertises qui ont montré que ses produits demeuraient efficaces et que les effets secondaires, notamment en termes d'ulcères, restaient limités. Le titre a donc progressivement repris du poil de la bête, se stabilisant aux alentours de 5 euros. Mais l'information annoncée aujourd'hui signifie pour les marchés qu'AstraZeneca a refusé de poursuivre le développement des produits. Une décision qui pose un problème crucial pour NicOx. Car si la biotech entend désormais "rechercher un partenaire" pour poursuivre le développement de ces produits en phase III, les candidats risquent de ne pas se précipiter. Après le refus d'AstraZeneca, pourtant connu pour prendre des risques, il faudra être très convaincant pour faire venir d'autres labos. Peut-être au prix d'une réduction des royalties sur les futures ventes. Ces royalties étaient très importantes (12%) dans le contrat avec AstraZeneca: elles pourraient bien être revues à la baisse. Par ailleurs, en attendant de trouver de nouveaux partenaires, la petite société voit son principal projet retardé et bloqué. Autant dire que l'arrivée des premiers revenus et des premiers bénéfices n'est pas encore pour demain. Une situation qui, par ricochet, risque d'ailleurs de retarder les autres produits en développement de la firme et laisser les investisseurs financiers perplexes sur l'avenir de NicOx. Le président de la biotech française ne s'est d'ailleurs pas caché de ces difficultés: il a confirmé que la société pourrait avoir besoin de faire appel au marché pour trouver des fonds. Il est vrai que NicOx n'a plus que deux ans et demi de cash d'avance au rythme actuel de "cash burn" (consommation de liquidités). Mais ce rythme pourrait vite s'accélérer. Autant de sombres perspectives qui font évidemment chuter le titre de 26,23% à 3,91 euros à la clôture.

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