Des pertes pour le premier trimestre du nouveau Pfizer

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Pfizer continue à payer l'addition de sa fusion avec Pharmacia. Après un premier chèque de 60 milliards de dollars correspondant au montant de la transaction, le laboratoire américain a annoncé ce vendredi une perte sur son deuxième trimestre de 3,59 milliards de dollars. L'an passé à la même époque le leader mondial du secteur avait réalisé un bénéfice net de 1,96 milliard de dollars. L'explication de cette différence est simple : le groupe a dû passer 5,86 milliards de dollars pour tenir compte des ajustements comptables liées à la fusion. Hors cet élément exceptionnel, les résultats du groupe sont stables. Le bénéfice net s'établit à 2,37 milliards de dollars, soit 30 cents par action. Le bénéfice par action est en recul de 2 cents par action sur un an, mais il est supérieur d'un cent par action au consensus réalisé par Thomson First Call. Concernant les ventes, le chiffre publié, qui prend en compte les activités de Pharmacia, grimpe de 37% en un an à 9,99 milliards de dollars. Mais il convient plutôt de jeter un coup d'oeil aux médicaments-vedette du groupe pour juger de l'activité réelle du laboratoire. On remarque alors que, comme pour la plupart de ses concurrents américains (si l'on exclut Bristol-Myers-Squibb), la croissance des ventes est plutôt faible aux Etats-Unis, forte ailleurs. Ainsi, le médicament le plus vendu au monde, le Lipitor, qui lutte contre le cholestérol, a vu ses ventes augmenter de 13% dans le monde, mais de 3% seulement aux Etats-Unis. La meilleure performance est à mettre au crédit du traitement respiratoire Zythromax dont les ventes progressent de 25% dans le monde et de 34% aux Etats-Unis. En revanche, la croissance reste plus faible pour le Viagra (+9% dans le monde et 7% aux Etats-Unis). Pfizer se défend donc plutôt bien. Mais ces chiffres ne doivent pas cacher certains dangers, notamment la concurrence sur le Lipitor, qui risque de devenir très forte avec l'arrivée de l'Exanta, un produit plus performant d'AstraZeneca. "Je suis inquiet au regard de la faible croissance du Lipitor aux Etats-Unis", confirme ainsi Henry Astarjan, un analyste américain cité par Reuters. Et d'ajouter: "cela représente la moitié de la croissance du premier trimestre". Devant ce danger, les investisseurs attendent désormais du concret. D'abord, ils souhaitent voir des synergies concrètes issues de la fusion avec Pharmacia. Au deuxième trimestre, 200 millions de dollars ont été économisés avec la fusion. L'objectif reste toujours 4 milliards de dollars annuels en 2005. Ensuite, ils veulent voir arriver de nouveaux médicaments performants pour faire face à la concurrence accrue, notamment sur le terrain du cholestérol. Là aussi, les avancées concrètes se font attendre et nombre d'analystes se plaignent que Pfizer se montre de moins en moins capable de créer une vraie croissance de sa rentabilité. Passée donc l'euphorie de la fusion, le titre Pfizer a donc commencé à baisser, dans un marché plutôt haussier. Depuis la mi-juin, la baisse atteint 10%. Et ces résultats ne les rassureront certainement pas. En milieu de séance, le titre perdait 0,52% à 32,38 dollars.Roche lance une OPA sur IgenL'affaire était sur toutes les lèvres à Wall Street ces derniers jours et le président de Roche Franz Humer en avait lui même évoqué la possibilité mercredi. Cette fois, c'est officiel, le laboratoire suisse Roche a fait une proposition pour racheter Igen. L'opération permettra de mettre fin au différend judiciaire qui oppose les deux groupes. Roche propose 1,4 milliard de dollars, soit une prime de 43% par rapport au cours de clôture de mardi, avant que les rumeurs ne commencent à apparaître à New York. En début de séance, l'action Igen gagnait 53,49% à 57,10 dollars, ce qui valorisait le groupe à près de 1,4 milliard de dollars.

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