Merck sauve la face grâce au dollar faible

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Premier grand laboratoire pharmaceutique américain à présenter ses résultats pour le deuxième trimestre, Merck & Co. a connu un ralentissement certain de sa croissance entre avril et juin. Les ventes n'ont ainsi progressé que de 3,7% sur un an à 13,3 milliards de dollars. Parallèlement, le bénéfice net a crû de 8% à 1,87 milliard de dollars, soit 83 cents par action. Un bénéfice légèrement inférieur au consensus calculé par Reuters qui s'établissait à 84 cents par action. En fait, derrière ces chiffres qui montre une croissance encore respectable se cache l'effet dollar. Un effet dollar qui, évidemment, a joué favorablement pour la firme du New Jersey. Un peu trop peut-être au goût des analystes. Car si les ventes de médicaments Merck ont progressé de 7% en un an, cette croissance est due pour cinq points à la baisse du dollar. La croissance sous-jacente de l'activité pharmacie n'est donc que de 2%. Un chiffre bien faible si on le compare notamment à son concurrent suisse Novartis qui, ce matin, a présenté une hausse de 11% en monnaies locales de ses ventes (lire ci-contre). Du coup, cité par Reuters, un analyste new-yorkais juge ses résultats "faibles". Il est vrai que, vu dans le détail, les principaux médicaments-vedette de Merck (blockbusters) ne se portent pas très bien. Le produit anti-cholestérol Zocor a ainsi connu une hausse de ses ventes mondiales de 3% en dollars à 1,24 milliards de dollars. Le chiffre d'affaires du Zocor n'a progressé que de 1% aux Etats-Unis. Une situation qui s'explique par le lancement de génériques sur plusieurs marchés en dehors des Etats-Unis et par un effet de stocks. Les grossistes ont en effet stocké le Zocor et n'ont pas eu besoin de se réapprovisionner. Un signe de la faiblesse de la demande. La situation n'est d'ailleurs pas très éloignée pour un autre Blockbuster du groupe, l'anti-arthritique Vioxx dont les ventes progressent de 1% seulement à 824 millions de dollars. Le groupe prévient que la demande en provenance des grossistes a été forte pour le Vioxx et qu'un effet de stock est à attendre dans les mois qui viennent.Seule vraie source de satisfaction, le Singulair, un anti-asthmatique de nouvelle génération. Les prescriptions mondiales de ce médicament ont progressé de 89% en un an sur le trimestre à 427 millions de dollars. Aux Etats-Unis, cette hausse est de 39%. Mais le succès de ce produit aura du mal à masquer l'effritement des autres produits vedettes.Merck & Co. se veut pourtant optimiste. Le groupe indique maintenir son objectif d'un bénéfice par action pour 2003 compris entre 3,40 et 3,47 dollars, soit une croissance allant de 8,2 à 10,5%, supérieure à celle de l'an passé. Mais ces résultats ne manqueront pas d'inquiéter les investisseurs. Car si le titre a progressé de 42% en un an, signant la meilleure performance de l'industrie, il reste encore légèrement sous-valorisé avec un multiple cours sur bénéfices escomptés pour 2004 de 16,8, selon Merrill Lynch, soit une décote de 16%. Signe que, malgré la hausse, les boursiers se méfient encore de Merck. L'action abandonnait d'ailleurs 3,40% à 59,67 dollars à mi-séance.

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