Les patrons allemands en proie au doute

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En mars, pour le deuxième mois consécutif, le moral des industriels allemands est orienté à la baisse. L'indice Ifo a enregistré un repli d'un point à 95,4, un recul un peu plus prononcé qu'attendu. Plus que l'impact des attentats de Madrid, c'est la faiblesse des signes de reprise outre-Rhin et plus largement dans la zone euro qui affecte la confiance des chefs d'entreprises allemands.Commentant ces chiffres lors de leur publication, le président de l'Ifo, Hans-Werner Sinn a souligné que "les inquiétudes sur l'évolution de la conjoncture se sont renforcées". Ces doutes ont d'ailleurs été clairement formulés mercredi par le président de la Bundesbank. Ernst Welteke a estimé que les perspectives de reprise économique pour l'Allemagne en 2004 étaient actuellement "un peu plus faibles" qu'en début d'année.En récession en 2003, l'Allemagne, dopée par la reprise du commerce mondiale semblait bien engagée sur la voie de la reprise. L'absence de relais au niveau de la demande intérieure en limite néanmoins l'ampleur. Ces difficultés de la première économie de la zone euro, tout comme le redémarrage prudent des autres poids-lourds européens, entretiennent la spéculation sur l'attitude à venir de la Banque centrale européenne.Mercredi, le président de la BCE a lancé le débat en déclarant au Handelsblatt qu'un réexamen de la situation serait mené par l'institution si les "prévisions d'un renforcement de la consommation des ménages ne se concrétisent pas". Ces propos de Jean-Claude Trichet ont renforcé l'hypothèse émise sur les marchés d'une baisse des taux d'intérêt destinée à insuffler un peu d'oxygène à l'économie européenne. Ce geste est appelé de ses voeux par le chef économiste de l'Ifo. Gernot Nerb considère qu'"il y a quelques mois, nous avions des indices clairs pour tabler sur un renfrocement de la reprise économique en Allemagne au deuxième semestre 2004. A présent, nous avons des doutes sur ce scénario". L'Ifo pourrait donc être amené à réviser en baisse sa prévision de croissance relativement optimiste pour l'Allemagne cette année, de 1,8%, a laissé entendre l'économiste. La perspective d'un relâchement monétaire, même si cela ne devrait pas se traduire dans les faits dès le mois d'avril, pèse cependant sur l'euro. La devise européenne ne vaut désormais plus que 1,2106 dollar, très largement en-deçà de ses plus hauts historiques enregistrés en février à 1,2930 dollar.

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