Le vrai danger du déficit budgétaire américain

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Le problème posé par le déficit américain ne tient pas à son niveau actuel. En proportion, celui de l'Allemagne ou de la France est à peine inférieur. Il n'est pas davantage dans ses conséquences financières immédiates. Certes, l'Amérique s'endette. Mais à en juger par l'évolution récente des rendements obligataires, le Trésor n'éprouve pas la moindre difficulté à écouler son "papier" sur les marchés, à raison de près d'un milliard et demi de dollars par jour.La question fondamentale est de savoir si l'administration Bush n'a pas trop vite, et dans une certaine mesure inutilement, grillé ses cartouches et privé du même coup les prochains gouvernements d'une capacité de réaction cruciale en cas de brutal retournement de la conjoncture ou de crise financière.Défendre cette thèse revient à affirmer d'une part qu'une forte stimulation fiscale était nécessaire pour sauver l'économie du marasme, notamment au lendemain du 11 septembre, et d'autre part que l'on aurait pu faire aussi bien en dépensant moins. C'est l'avis de plusieurs experts éminents, au rang desquels figure Robert Rubin. L'ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton fait valoir que des baisses d'impôts ciblées en direction des revenus moyens ou modestes, dont la propension à consommer est nettement supérieure à celle des revenus élevés, auraient produit les mêmes effets macro-économiques tout en étant beaucoup moins coûteuses.Pour le Trésor, la "facture" des baisses d'impôts de George W. Bush sera pour la décennie à venir d'un total de 1.200 milliards de dollars - près de 10% du PIB, la moitié du budget présenté hier par le président. Ce sont autant de ressources qui ne seront plus disponibles pour répondre à des chocs externes. Et c'est cela, le vrai danger du déficit budgétaire américain.

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