Interbrew et AmBev discutent alliance

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Que cherche réellement Interbrew? Le brasseur belge a annoncé mardi qu'il était en pourparlers avec son concurrent brésilien AmBev. "La transaction pourrait impliquer l'échange de participations substantielles en capital entre les deux sociétés ou leurs filiales", précise le communiqué d'Interbrew. Une offre publique d'échange pourrait donc être lancée sans que l'on en sache réellement plus. Cependant, le communiqué du brasseur belge précise qu'en "l'état actuel des discussions, AmBev resterait une société cotée indépendante". On n'en sait pas plus pour le moment, donc. Mais évidemment, les conjectures vont bon train. Selon Sandy Soames, analyste chez Cazenove cité par Reuters, le scénario le plus probable est la montée d'Interbrew à 15% du capital d'AmBev, tandis que ce dernier prendra 30% des part de la filiale mexicaine du brasseur belge, Femsa. D'autres hypothèses sont cependant probables. Ainsi, si une fusion pure et simple semble exclue, un journal économique brésilien, Valor Economico, croit savoir qu'une joint-venture entre les deux groupes pourrait être créée. Elle serait alors propriétaire de l'ensemble des filiales des deux groupes. De facto, il s'agirait bien de la création du deuxième brasseur mondial. Quoi qu'il en soit, ces approches lancent bien les grandes manoeuvres autour d'AmBev. Le Brésilien, cinquième brasseur mondial, est en effet considéré par les spécialistes comme l'une des rares sociétés sud-américaines solides et susceptibles d'être une proie pour les groupes occidentaux. Il est surtout le leader sur le quatrième marché mondial de la bière, le Brésil. Et outre Interbrew, l'Américain Anheuser-Busch, leader mondial du marché brassicole, serait très intéressé. Beaucoup pensent d'ailleurs que cette alliance AmBev-Interbrew vise d'abord à empêcher une OPA de l'Américain. Car si AmBev devenait propriétaire de 30% de Femsa, le numéro deux du marché mexicain, Anheuser-Busch, dont la filiale à 50%, Modelo, est leader sur le marché mexicain, serait gêné par les autorités anti-trusts. Mais de nombreux observateurs estiment néanmoins qu'une réponse de l'Américain n'est pas à écarter. Reste que, pour le moment, les observateurs s'interrogent sur la capacité d'Interbrew à se lancer dans une nouvelle acquisition. "J'ai peur qu'Interbrew se lance dans une nouvelle aventure destructrice de valeur", se plaint ainsi l'analyste de Delta Lloyd, Richard Withagen. Il faut dire que le Belge, qui avait, voici un an, promis qu'il mettrait fin sous peu à sa politique d'acquisition à tout crin, a entre-temps racheté les brasseries allemandes Spaten pour près de 500 millions d'euros et la brasserie chinoise Lion pour plus de 110 millions d'euros. Beaucoup souhaiteraient qu'Interbrew, désormais, se concentre sur ses acquisitions récentes et les digère tranquillement. Du coup, l'action du brasseur belge perd 1,92% en fin d'après-midi. Reste que certains estiment qu'une alliance entre les deux groupes aurait du sens, notamment parce que le Belge pourrait utiliser les réseaux de distribution du Brésilien en Amérique latine. "La stratégie est rationnelle, mais tout dépend du prix", précise ainsi l'analyste de KBC Marc Leemans. Selon le New York Times, l'échange d'actions pourrait s'élever à 12 milliards de dollars. L'heure de vérité ne saurait cependant tarder. Les dirigeants d'Ambev doivent rencontrer mardi le président du Brésil, Lula. Il n'est donc pas exclu qu'une annonce importante intervienne lors de la présentation des résultats des deux groupes, dès demain mercredi.

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