Un entretien avec Christophe Lucas, directeur du développement de Spar, groupe Casino

Yves Sassi: Votre groupe développe plusieurs enseignes en franchise et en propre. Pouvez vous nous préciser sa politique de développement?Christophe Lucas : Pour Casino Proximité, le développement en franchise est assez récent. Nous avons réellement commencé à y jouer un rôle à partir de 1997, lorsque nous sommes devenu master franchiseur Spar à la suite du rapprochement avec les sociétés Médis et Mariault. Pourtant, Casino existe depuis 100 ans! Un siècle d'expérience dans le domaine des magasins de proximité.Aujourd'hui, nous développons 4 enseignes : Petit Casino avec 2.500 magasins intégrés, Vival, Spar, Eco Service et Petit Casino 24, notre nouvelle enseigne de magasins automatiques, regroupant au total 2.200 point de vente en franchise. Nous possédons une réelle expérience en matière de magasins de proximité, avec 4.700 points de vente sur ce secteur, 500 ouvertures par an dont 400 franchises et 100 unités en propre. Notre leadership dans le domaine est, me semble-t-il, incontesté, notre savoir-faire reconnu : notre vision commerciale tournée vers le client a fait ses preuves.Si la politique de développement de Casino Proximité est ambitieuse, c'est pour mieux répondre aux attentes des consommateurs sur l'ensemble du territoire et satisfaire l'esprit d'entreprise des partenaires qui nous rejoignent. Etre réactifs, accompagner les futurs franchisés dans les projets de création et prendre en compte toutes les spécificités locales sont clairement les objectifs affichés. Vous êtes à la fois franchiseur et succursaliste. Est-ce un avantage ou un inconvénient? Et qu'apportez vous à vos partenaires?Le fait d'être en même temps franchiseur et succursaliste nous donne une réelle légitimité dans notre métier. Nous sommes avant tout des commerçants de proximité qui proposent à des entrepreneurs en devenir de faire le même métier que nous... dans les mêmes conditions. C'est pour eux un gage de sérieux et de sécurité. Lorsque nous réfléchissons à la rationalisation de nos 2.500 magasins intégrés, pour répondre à des contraintes économiques et aux attentes de nos clients, nous travaillons également pour nos franchisés qui bénéficient du travail effectué. Ces deux modes d'exploitation restent tout à fait complémentaires.D'autre part, nous sommes en relation permanente avec les villes, les mairies, les CCI. Je crois pouvoir dire que le groupe Casino participe à la vie de la cité. Des groupes comme le nôtre, si ancrés dans le coeur des cités, ont un rôle social. Il existe une implication forte avec "le terrain", la population, les élus : les commerçants tiennent, effectivement, une place prépondérante. C'est important.Parmi les enseignes que vous développez, vous avez lancé il y a quelques temps les automates alimentaires. Pouvez vous nous en dire plus?Oui, c'est exact, nous développons également notre enseigne de magasins automatiques, les "Petits Casinos 24". Pour l'instant, nous sommes encore dans une phase de démarrage, mais notre ambition est d'en ouvrir une centaine d'ici à 3 ans.C'est un concept qui doit se développer. L'investissement est relativement faible, puisque le robot coûte à partir de 70.000 euros. Mais, c'est comme tout commerce, l'emplacement est primordial. Il faut savoir que 70% du CA est réalisé entre 21 heures et 2 heures du matin! Par conséquent, l'étude d'implantation doit se faire avec précision, en fonction de ces critères.C'est un concept de franchise que nous proposons à des investisseurs susceptibles d'ouvrir 3 à 5 points de vente. L'idée étant bien entendu de faire des économies d'échelle.Quels sont les partenaires que vous recherchez? Y a-t-il un profil défini?Nous avons la chance de disposer de plusieurs enseignes. Par conséquent, nous sommes en mesure de proposer un concept qui convient à chacune des personnes qui nous contacte. Je dirais même que nous avons une proposition pour tous les portefeuilles puisque quelqu'un peut devenir partenaire du groupe sans apport personnel. La possibilité existe, en effet, de devenir, dans un premier temps, gérant mandataire. Et il n'est pas irréaliste de penser qu'un gérant mandataire puisse devenir propriétaire de sa franchise en 3 ans.Quant au profil du franchisé, si je me base sur la réalité de l'ensemble de nos contacts de recrutement, 70 % de nos partenaires viennent de la distribution ou du commerce. Ils ont en moyenne trente à quarante-cinq ans (les candidats gérants sont plus jeunes). Si l'on essaie de trouver une constante dans leur motivation, je dirais que ce sont des gens qui ont la volonté de changer d'orientation professionnelle et possèdent une réelle envie de créer leur entreprise, pour qui les structures hiérarchisées sont devenues pesantes et qui souhaitent mettre en priorité le contact avec la clientèle.Dans tous les cas et notamment pour les candidats qui ne viennent pas de la profession, nous proposons un processus de formation très pertinent et adapté à chaque profil! Il est important, pour nous, d'identifier ce que viennent chercher les candidats, lorsqu'ils nous contactent pour créer leur entreprise. Bien entendu, ils recherchent la puissance du groupe, une certaine reconnaissance, un accompagnement, une logistique performante. Autant d'éléments que nous sommes parfaitement en mesure d'apporter. Mais leur motivation profonde doit être en relation avec le monde du commerce, du service, de la proximité et de la qualité.D'autre part, j'insiste sur l'importance de l'appui et de l'accompagnement de notre service commercial auprès des commerçants. Aujourd'hui, notre soutien aux points de vente se traduit par une densité d'un commercial pour 10 magasins. Nous sommes, certainement, une des rares enseignes qui ai poussé ce soutien aussi loin. Nous mettons réellement notre savoir-faire dans le domaine de la proximité à la disposition de nos franchisés. Non seulement un savoir faire commercial, mais aussi logistique. Ce n'est pas donné à tout le monde de savoir livrer 4.700 magasins, sur tout le territoire, toutes zones géographiques confondues. Pour conclure, je pourrais simplement ajouter que nous avons définitivement adopté une approche partenariale. Notre culture du succursalisme et notre connaissance du monde du commerce alimentaire de proximité nous permettent de construire avec nos franchisés. Nous parvenons ainsi à développer une relation d'échanges riche et profitable où la transparence est de mise. Chacun y perçoit un intérêt et évolue vers un but commun : le service du client.
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