Le Céreq pointe les différences salariales hommes/femmes

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Souvent stigmatisées, rarement chiffrées, les différences de rémunérations entre les sexes sont mises en lumières par une étude du Centre d'études et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée aujourd'hui.Selon cet institut public, qui dépend du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche mais également du ministère de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, la rémunération des femmes progresse moins rapidement que celle des hommes. Et ce, dès les premières années de la vie active.Pour expliquer ce problème, dont la résolution constitue l'une des priorités du gouvernement, le Céreq met en avant la persistance de "préjugés" dans les entreprises. En effet, en début de carrière, ces disparités s'expliquent notamment par l'impact plus favorable pour les hommes que pour les femmes de la mobilité interne mais également externe. De fait, selon les experts de l'institut marseillais, les salariés du secteur privé - embauchés à temps complet - connaissent des évolutions de salaires nettement à l'avantage des hommes avant 25 ans, puis équivalentes pour les hommes et les femmes entre 25 et 30 ans et enfin plutôt en faveur des femmes après 30 ans et ce jusqu'à la fin de carrière.Toutefois, ce "rattrapage" reste encore insuffisant pour combler les différences accumulées au cours des premières années de vie professionnelle. Ainsi, les salariés, tous sexes confondus, n'ayant pas changé d'emploi, ont vu leur salaire progresser en moyenne de 13% en début de carrière. Le salaire des hommes s'est accru plus fortement s'ils ont effectué au moins une mobilité interne sans (+16%) ou avec promotion (+21%) ou une mobilité externe sans promotion (+17%) ou avec (+24%). Or, pour les femmes, la situation est moins avantageuse. Tant dans le cas d'une mobilité interne sans promotion (+13%) ou avec (+16%) ou d'une mobilité externe sans promotion (+4%) ou avec (+19%). "Ces constats semblent venir confirmer l'hypothèse d'un préjugé négatif des employeurs sur une moindre productivité des femmes comparée à celles des hommes", estime le Céreq, selon qui leur embauche "serait de fait perçue comme plus risquée, et consécutivement, leurs premières années de vie active seraient moins bien rémunérées pour couvrir ce risque. Maximale à l'embauche, l'incertitude se résorberait ensuite avec l'ancienneté dans l'entreprise à mesure que la performance des salariées s'exprime", précise cette étude. En outre, les gains salariaux varient en fonction de la situation maritale des salariées. Ainsi une mobilité externe avec promotion entraîne une hausse de salaire de 20% chez les célibataires, contre 17% chez les femmes en couple. Si elle se fait sans promotion, elle se solde par une hausse de salaire de 11% chez les célibataires, mais par une baisse de 8% chez les femmes en couple. Selon les chercheurs du Céreq, une partie des mobilités féminines, aussi bien externes qu'internes "correspondent probablement à des ajustements permettant de composer avec les impératifs de carrière du conjoint". "Tout se passe comme si la mise en couple et la possible naissance d'enfants perturbaient le contrat de confiance tacite qui lie les femmes à l'employeur". En considérant une grossesse éventuelle comme un désintérêt professionnel, les employeurs "entérinent dans le rapport salarial des préjugés liés au rôle des femmes dans la sphère domestique, dont le bien-fondé reste à démontrer", suggèrent-ils."Sans doute, l'amélioration de leur sort professionnel passe-t-elle par un élargissement voire une redéfinition, des critères sur lesquels on juge la performance dans les entreprises", concluent-il. Les préjugés ont la vie dure.

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