Situation toujours bloquée à la SNCM

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La guerre psychologique se poursuit entre syndicats et gouvernement. "Le PDG a dit qu'on serait vendredi à minuit en cessation de paiement si le travail ne reprenait pas", a indiqué Rémy Lasserre (FO-officiers), au sortir du comité d'entreprise tenu cet après-midi. Des propos confirmés immédiatement par le PDG Bruno Vergobbi, qui a précisé que cela pourrait conduire "rapidement à une liquidation", c'est-à-dire au licenciement de "2.200" personnes. Ces déclarations font suite au conseil d'administration du groupe qui a brandi hier la menace de la mise en cessation de paiement de la compagnie maritime si le travail ne reprenait pas avant la fin de la semaine.Le CE ayant été prévu initialement dans la matinée au siège de la SNCM, avant d'être reporté dans l'après midi dans les locaux de la préfecture de région, la CGT a refusé d'y participer. "Pour nous, l'important est d'être dans notre entreprise et pas à la préfecture derrière une rangée de gendarmes", s'est insurgé Bernard Marty, secrétaire CGT du CE.Pour Dominique de Villepin, on est aujourd'hui arrivé à "l'heure de vérité pour la SNCM". "Après le temps du dialogue, c'est maintenant le temps des décisions", a déclaré le Premier ministre à l'Assemblée Nationale. Et d'ajouter: "sur la SNCM, le gouvernement a fait un choix, celui de préserver une société qui est aujourd'hui au bord du dépôt de bilan: 200 millions d'euros de dettes, 30 millions de pertes par an"."Ce choix, c'est de garantir l'avenir des salariés et la continuité de la liaison entre le continent et la Corse. C'est de réconcilier les exigences économiques et l'impératif de service public auquel je veux pleinement répondre. Aujourd'hui, nous avons sur la table une bonne proposition qui garantit qu'il n'y aura pas de licenciement sec, elle préserve l'unité de l'entreprise, elle ne touche pas à la flotte de dix bateaux", a-t-il également répété.Confronté par ailleurs aux deux dossiers sensibles que constituent la privatisation d'EDF et celle des autoroutes, le Premier ministre se trouve dans une passe difficile. Alors qu'il accuse déjà une baisse de sa popularité, la faillite de la SNCM, une première pour une entreprise publique, pourrait lui coûter cher sur le plan politique.

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