Violences urbaines, un impact économique qui inquiète

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Record de violences urbaines dans la nuit de dimanche à lundi, la onzième nuit d'émeutes dans les banlieues. Selon les chiffres définitifs publiés ce matin par la police nationale, plus de 1.400 véhicules ont été incendiés et 395 personnes interpellées. Pour la première fois, les violences ont touché davantage la province, où 982 véhicules ont été brûlés. Au total, ce sont 274 communes qui ont été touchées tandis que 36 policiers ont été blessés, deux d'entre eux ayant été la cible de tirs de grenailles.Alors que le chômage des jeunes - qui s'élève à 23% au niveau national et 40% dans certaines communes - se trouve au coeur du malaise social, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a affirmé ce matin qu'il n'était "pas question de baisser les bras" en matière d'efforts d'intégration pour les entreprises. Le gouvernement n'est pas non plus inactif sur le sujet. Au contraire: une bonne partie des 13 milliards d'euros affectés au plan quinquennal du ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo voté en 2004 se trouve allouée aux efforts d'insertion. Accompagnement personnalisé vers l'emploi, formation en alternance, établissement de la seconde chance, les mesures concrètes visant à réduire la fracture sociale ne manquent pas.Reste qu'en matière de discrimination, le gouvernement se montre moins déterminé. Or, la présidente du Medef a rappelé ce matin sur Europe 1 qu'elle avait proposé aux syndicats une négociation en 2006 sur la "diversité" afin de "tout faire pour éviter les discriminations à l'embauche, dans la gestion des carrières" mais aussi en matière d'âge.En attendant, Laurence Parisot fait du rétablissement de l'ordre "la priorité des priorités". "Ca ne se compare avec rien de ce que nous avons connu dans un passé récent. Ce ne sont pas les grèves de 95, ce n'est pas mai 68. Un certain nombre de délinquants attaquent des symboles forts de la République comme les écoles, des symboles de la liberté d'action de production comme les entreprises, des symboles de la liberté de pensée comme les églises", a commenté la présidente du Medef. De fait, la nuit dernière,trois écoles, deux mairies annexes et trois postes de police ont été détruits.Laurence Parisot a également souligné "les conséquences très sérieuses" des événements pour l'économie, notamment dans la restauration, l'hôtellerie et le tourisme. Et puis, a-t-elle ajouté, "l'image de la France est profondément abîmée, c'est toute la question de l'attractivité de la France qui est posée".De fait, à l'étranger, nombre de ministères des Affaires étrangères appellent à la vigilance leurs compatriotes sur le territoire français. Ainsi les autorités britanniques, australiennes, russes et américaines ont tour à tour recommandé à leurs ressortissants de se tenir à l'écart des zones de turbulence.De son côté, Bernard Thibaut, secrétaire général de la CGT, a exhorté les pouvoirs publics à "accepter de renouer un contact direct avec une population qui s'estime exclue" tandis que Marie-Georges Buffet, secrétaire générale du PCF, prône la mise en place "d'espaces de dialogue à partir des sous-préfectures pour rencontrer les élus, les représentants des services publics, les représentants des jeunes, pour tout de suite voir sur quels points on peut avancer".Alors que Jacques Chirac a finalement pris la parole hier soir (voir ci-contre) pour appeler au "rétablissement de l'ordre", Dominique de Villepin présentera ce soir sur TF1 des mesures pour tenter de répondre à la crise.

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