Négociations de la dernière chance sur le budget de l'Union européenne

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Le suspense reste entier. Après avoir mené vendredi matin une série d'apartés avec les dirigeants des plus grands pays de l'Union, le Premier ministre britannique devait annoncer dans l'après-midi une nouvelle proposition de budget européen. Alors que cette annonce se faisait attendre en fin de journée, les observateurs s'attendaient à ce que les négociations se prolongent tard dans la nuit. En théorie, les dirigeants des vingt-cinq pays de l'Union européenne devaient dégager avant le week-end un compromis sur le projet de budget communautaire pour la période 2007-2013. En attendant les déclarations de Tony Blair, l'Espagne, l'Allemagne et la France lui avaient présenté en début d'après-midi une proposition sur le budget prévoyant une réduction permanente du rabais britannique et une révision du budget applicable à partir de 2014.Possible accord sur une TVA dans la restauration... en 2007Les restaurateurs français risquent de devoir patienter jusqu'en 2007 pour bénéficier d'un taux réduit de TVA à 5,5%. Selon certaines informations recueillies dans les couloirs du Conseil européen à Bruxelles, un compromis se dessinerait, avec l'assentiment d'une Allemagne jusqu'ici réticente, pour proroger les taux réduits actuels sur les services de réparation et de rénovation des logements, mais pour différer jusqu'en 2007 l'ajout des services de restauration. Si cette orientation était adoptée formellement par les ministres des Finances des Vingt-Cinq le 24 janvier prochain, la France serait alors amenée à demander une prolongation pour 2006 du système actuel d'allégement des charges sur les salaires dans le secteur de la restauration.Marc Paoloni, à BruxellesSeule l'ampleur des divergences entre les Etats européens ne faisait aucun doute vendredi soir. Et la Grande-Bretagne, qui préside l'Union jusqu'au 31 décembre, aura pu constater qu'elle se trouve assez largement isolée. D'où la pression maximale qui pesait sur Tony Blair: il incombait au Premier ministre britannique, en tant que président du sommet, de trouver les bases d'un compromis acceptable par tous, sans pour autant lâcher trop de lest sur la position du Royaume-Uni, vis-à-vis d'une opinion publique très remontée contre toute concession faite à l'Europe.C'est peu de dire que le Conseil européen s'est déroulé dans un climat tendu. Jeudi soir, lors de l'ouverture du sommet, les participants se sont exprimés les uns après les autres sur le projet élaboré par la présidence britannique. Résultat: la plupart des pays ont exprimé leur désaccord avec ce texte, qui fixait des ambitions limitées à l'Union, avec une enveloppe de dépenses réduite, et qui ne prévoyait qu'une faible diminution, de 8 milliards d'euros, du rabais dont bénéficie la Grande-Bretagne.Le très relatif optimisme affiché vendredi soir par les dirigeants des Vingt-Cinq pourrait bien n'être que de façade. "Les négociations menées à Bruxelles sur le futur budget européen ont permis de se rapprocher d'un accord", a par exemple affirmé vendredi après-midi le Premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz. Pour les pays d'Europe de l'Est, récemment entrés dans l'Union, l'enjeu du sommet est considérable: il s'agit de fixer le montant des aides qu'ils recevront durant les sept années en cause, aides dont ils ont besoin pour financer leur modernisation. Or, le projet britannique a prévu de réduire le montant envisagé jusqu'ici pour ces crédits. Et les partenaires de la Grande-Bretagne l'accusent de ne pas vouloir contribuer au financement de l'élargissement, en s'accrochant à son rabais, alors même que Londres était le plus ardent militant de l'intégration des anciens pays de l'Est dans l'Union...L'attitude britannique a d'ailleurs suscité une sorte de front commun, amenant des pays comme la France et la Pologne, pourtant souvent en désaccord, à s'allier pour exiger une modification profonde du projet de Tony Blair.Dans ces conditions, la soirée s'annonçait longue et difficile vendredi. Bien que la présidence britannique ait affirmé qu'il n'était pas question que le sommet se prolonge au-delà, en la matière, rien n'est jamais certain: dans l'histoire de l'Europe, les exemples sont légion de sommets où une issue n'a pu être trouvée qu'en arrêtant les pendules et en jouant les prolongations.Principale raison d'espérer une issue positive, finalement: "tout le monde reconnaît que si nous voulons un accord sur un budget, il doit intervenir maintenant", a affirmé le Premier ministre britannique. Autrement dit: si échec il y avait à Bruxelles, l'Union européenne plongerait dans une crise telle que la perspective d'un accord ultérieur deviendrait encore plus improbable...

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