La croissance allemande redresse la tête

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L'économie allemande va un peu mieux: la croissance s'est élevée à 0,6% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, a annoncé ce matin l'Office fédéral des statistiques. Un chiffre supérieur aux attentes: les économistes sondés par Bloomberg tablaient sur une croissance de 0,5% sur le trimestre. Et la nouvelle est d'autant meilleure que la croissance du deuxième trimestre, qui avait été estimée à 0%, a été revue à la hausse: elle s'élève finalement à 0,2%. Sur un an, la croissance allemande s'établit à 1,3%.Si le rythme de la croissance se reprend donc un peu, ses modalités restent les mêmes: ce sont toujours les exportations qui tirent l'activité économique allemande. Sur les trois mois écoulés, le pays a profité notamment de la demande en provenance d'Europe de l'Est et d'Asie. "Le dynamisme du commerce extérieur s'est poursuivi au troisième trimestre et a à nouveau apporté - grâce à une forte augmentation des exportations - une contribution positive à la croissance économique", souligne ainsi l'Office des statistiques.Mais la croissance a également été stimulée par une augmentation "sensible" des investissements des entreprises par rapport au deuxième trimestre, ajoute le bureau. A l'inverse, la point noir de l'économie allemande - à savoir la déprime de la demande des consommateurs - demeure: la demande intérieure a "à peine contribué" à la croissance, ajoute l'Office des statistiques, qui ne fournira une décomposition des chiffres de la croissance que le 22 novembre.La consommation des Allemands continue à être plombée par la situation très détériorée du marché du travail: le taux de chômage est actuellement à 11,6%, tout près de son record de 12% atteint en mars dernier. La profonde incertitude politique qui prévaut en Allemagne depuis plusieurs mois, avec d'abord une campagne électorale incertaine, puis une absence de majorité claire au Parlement, suivie de longues et difficiles négociations pour la mise en place d'une grande coalition de gouvernement, n'a certainement pas contribué à redonner confiance aux consommateurs. Les bases de la coalition de gouvernement ayant désormais été jetées, un rebond de la consommation pourra peut-être se manifester dans les mois à venir.Reste que la santé de l'économie allemande s'avère toujours fragile. Très dépendante actuellement des exportations, elle est donc vulnérable à un éventuel ralentissement de la demande internationale, qui pourrait résulter, par exemple, d'une poursuite du mouvement de remontée des taux d'intérêt dans le monde. Le même mouvement de tension sur les taux devrait d'ailleurs atteindre l'Europe dans les mois qui viennent: la Banque centrale européenne a clairement fait comprendre que le niveau actuel des tensions inflationnistes, résultant notamment de la flambée des prix du pétrole, l'amènerait tôt ou tard à durcir sa politique monétaire.Les incertitudes quant aux évolutions à venir de l'économie allemande sont d'ailleurs attestées par la publication ce matin de l'indicateur Zew qui mesure la confiance des milieux financiers outre-Rhin. Celui-ci s'est inscrit en baisse en novembre, à 38,7, contre 39,4 en octobre, alors que les prévisions portaient sur une augmentation de quelque 5 points. Les financiers s'inquiètent, en fait, des perspectives de hausse des taux d'intérêt ou des projets de la coalition gouvernementale de relèvement de la TVA.Au total, les perspectives économiques de l'Allemagne demeurent médiocres: les conseillers économiques du gouvernement prévoient une croissance de 1% seulement l'année prochaine, après 0,8% en 2005.

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