Ford souffle le chaud et le froid

Des chiffres mi-figue mi-raisin. Le premier trimestre de Ford ne permet pas, en effet, de dégager des conclusions véritablement tranchées, alors que le constructeur a lancé un très sévère avertissement il y a une dizaine de jours (voir ci-contre).Au chapitre des bons points, le premier élément qui s'impose est le niveau de résultat atteint sur la période. Loin d'avoir plongé dans le rouge comme son concurrent General Motors (voir ci-contre), Ford a dégagé un bénéfice de 1,21 milliard de dollars. Certes, le résultat a baissé de 38% en un an. Mais calculé par action, il est de 60 cents en brut et de 62 cents hors exceptionnels, alors que les analystes attendaient dans cette dernière configuration un chiffre de 38 cents. Malgré des coûts élevés des matières premières, le chiffre d'affaires en hausse de 1,3% a permis à la branche automobile de dégager un résultat de 579 millions de dollars (-53%), avant impôts et exceptionnels. La division financière, elle, a légèrement progressé avec un bénéfice de 710 millions.Autre satisfaction pour les observateurs: "le niveau de cash-flow est bien meilleur que celui de GM" , a fait remarquer un trader à Reuters. Comparé à un GM qui a consommé 3 milliards de dollars de liquidités au premier trimestre, Ford peut effectivement faire figure d'exemple avec une diminution de ses liquidités limitée à 165 millions dans un contexte pourtant difficile. La seule division automobile a même délivré un cash-flow opérationnel de 800 millions.Ces résultats et cette situation financière finalement moins déprimés que redouté ont d'ailleurs été accueillis favorablement sur les marchés. L'action progresse de 2,37% en milieu de séance à New York, et les spreads sur les obligations du groupe se sont immédiatement resserrés, signe que le risque diminue aux yeux des investisseurs.Il n'empêche que le groupe demeure, comme GM, dans une situation sinon alarmante, du moins délicate, entre notamment des engagements croissants en matière de santé et des coûts de matière première oppressants. Le tout dans un marché automobile qui n'est pas des plus porteurs. Ford en est d'ailleurs conscient, qui prévoit "un environnement opérationnel plus dur pour le reste de l'année".Dans ces conditions, concernant le deuxième trimestre, il a revu à la baisse sa prévision de production aux Etats-Unis, de 940.000 à 905.000 unités, et craint de tomber dans le rouge. Sa prévision de bénéfice par action se situe entre -15 cents et l'équilibre. Un chiffre auquel il conviendra en outre de retrancher des exceptionnels qui pourraient s'élever à 12 cents.Malgré la bonne surprise que constitue le résultat du premier trimestre, Ford n'a donc nullement reconsidéré les prévisions annuelles mises en avant lors de son dernier avertissement. Il attend toujours un bénéfice annuel (hors exceptionnels) compris entre 1,25 et 1,50 dollar.
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