Daniel Bernard quitte la présidence de Carrefour

Un coup de tonnerre chez Carrefour annonce une ère nouvelle. Selon nos informations, Daniel Bernard, président directeur général, et Joël Saveuse, directeur général délégué en charge de la zone Europe, s'apprêteraient à quitter le groupe. Alors que le prochain conseil d'administration de Carrefour était prévu pour le 9 mars, un conseil exceptionnel surprise a été convoqué.A l'ordre du jour, deux décisions majeures: le changement de statut des organes de direction, avec la mise en place d'un directoire et d'un conseil de surveillance, qui sera dirigé par le représentant de la famille Halley, Luc Vandevelde. Ce changement sera proposé au vote de la prochaine assemblée générale du groupe, le 20 avril 2005. Autre événement décisif de ce conseil: la "démission" négociée à prix d'or de Daniel Bernard, qui, au terme de douze ans et demi à la tête du groupe français, l'a conduit à la deuxième place mondiale derrière le géant américain Wal Mart. Est aussi prévu le départ de son ami de trente ans rencontré à la Ruche Picarde, et emmené chez Metro et Carrefour, Joël Saveuse, encore promu à la tête des affaires européennes... le 20 décembre dernier!Ces derniers jours ont donc vu une accélération de l'histoire à la tête du groupe de distribution. Depuis des mois, Daniel Bernard, qui avait perdu la confiance des actionnaires historiques, les familles fondatrices, puis celle de la famille Halley, premier actionnaire avec 13% du capital, tentait de reprendre la main. De changements d'hommes à la tête de Carrefour France en plans de relance successifs des hypermarchés français, le président de Carrefour aura tout tenté. Jusqu'à concocter le nouveau pacte d'actionnaires du 29 juin 2004, en s'y incluant avec des droits hors nomes: avec seulement 0,17% du capital et 0,25% des droits de vote, Daniel Bernard y avait obtenu le pouvoir de proposer deux candidats au conseil d'administration parmi les dirigeants de la société, soit autant que la famille Halley, qui détenait... 19,2% des droits de vote!Mais tout cela n'aura servi qu'à différer la mise en oeuvre d'une décision mûrie de longue date par les grands actionnaires. Dès la fin de l'été, la famille Halley sondait quelques grands fonds actionnaires de Carrefour sur l'éventualité d'un changement d'homme à la tête du groupe. Agacés par les annonces démenties par les faits du président, en particulier sur le redressement des hypermarchés français, les fonds anglo-saxons ne cachaient plus ces derniers mois leur scepticisme sur la communication de la direction de Carrefour. Alors que depuis l'été 2004, les rumeurs de marché annonçaient l'arrivée de Serge Weinberg, président du directoire de PPR (dont le départ a été annoncé aujourd'hui), à la tête de Carrefour, c'est finalement le jeune directeur général finances et gestion, Jose-Luis Duran, en charge également des fonctions organisation et systèmes de Carrefour, qui a été choisi à la tête du directoire. Agé de 40 ans et présent dans le groupe depuis 1991, cet Espagnol a été l'un des acteurs du redressement de Carrefour Espagne, où, entre 1998 et 2001, il officiait comme directeur finances et gestion. S'il bénéficie aujourd'hui d'une excellente réputation dans le milieu de la grande distribution, il devrait être épaulé au directoire par trois grandes pointures du groupe: le patron de Champion France, Thierry Garnier, celui de Dia, l'Espagnol Javier Campo, et le patron de Carrefour Espagne, Jose Maria Folache.La montée de Luc Vandevelde à la tête du futur Conseil de surveillance signe, de son côté, la reprise en main de la destinée de Carrefour par ses grands actionnaires. Chargé depuis la disparition de Paul-Louis Halley, en décembre 2003, de la gestion des intérêts patrimoniaux de la famille, et nommé administrateur du groupe en avril 2004, Luc Vandevelde était l'ancien bras droit de Paul-Louis Halley à la tête du groupe Promodès. Dauphin pressenti à la tête de Promodès, il avait été écarté du pouvoir à la suite de la fusion avec Carrefour en août 1999 par... Daniel Bernard, qui ne voulait en faire que le numéro deux. Piqué au vif, Luc Vandevelde avait alors préféré prendre le large, dès 2000, en prenant pour deux ans la tête de l'enseigne Marks & Spencer.

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