Vivendi Universal ou la synergie à visage humain

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Si certains en doutaient encore, le rêve de J2M, le patron déchu de VU, de faire du vieux groupe de distribution d'eau, l'un des leaders mondiaux de "l'entertainment" diffusé sur tous les écrans, de télévision, de mobiles et d'ordinateurs, est mort. Et l'équipe regroupée autour de Jean-René Fourtou, forte du travail de redressement accompli depuis l'été 2002, s'est appliquée à démontrer que du passé, elle a fait table rase, jusque dans son vocabulaire, lors de la présentation des résultats du groupe jeudi 10 mars. VU 2005 selon Jean-René Fourtou, c'est "un holding industriel avec des positions fortes sur deux secteurs complémentaires, médias et télécoms". "Où sont les synergies entre les deux métiers ? Pourquoi Universal Music travaille-t-elle dans la musique sur mobiles non pas avec SFR, la société soeur du groupe, mais avec sa concurrente Bouygues Telecom ?" a interrogé une journaliste. Ce mot qui commence par "S" et se finit par "IE" n'a plus cours au sein de VU, a rétorqué le numéro 2 Jean-Bernard Levy, appelé à prendre prochainement la présidence du directoire. "Nous ne nous décrivons pas comme un groupe homogène" a-t-il renchéri. La fusion Vivendi-Universal, au lieu de dégager les millions d'euros annoncés par la vertu des "synergies", avait ouvert les vannes des déficits et de l'endettement : galvaudé, synonyme de promesses non tenues, le mot "S.Y.N.E.R.G.I.E" y est désormais tabou. Mais à quoi sert donc ce "holding industriel" s'il ne vaut rien de plus que la somme de parties autonomes ? L'avantage fiscal de rester ensemble pour profiter du bénéfice mondial consolidé est en soi un ciment qui pèse lourd en euros. Mais ce n'est pas le seul. VU, ce sont des métiers que les avancées des nouvelles technologies confrontent quotidiennement à des préoccupations voisines, a expliqué Jean-Bernard Lévy. Être la première major mondial de la musique, c'était pour Universal Music, jusqu'alors, vendre des millions de galettes. Ce sera de plus en plus offrir des services à des abonnés en ligne. Et Vivendi Universal Games, avec le succès du jeu en ligne World of Warcraft, se retrouve aussi à gérer une base de joueurs abonnés. Un métier que pratiquent de longue date les filiales Canal Plus ou SFR. Numérisation des contenus dont les modes de distribution se diversifient en franchissant les frontières des métiers (TV sur ADSL), gestion de droits de propriété intellectuelle, de bases d'abonnés... trois "savoir-faire" communs aux métiers de VU mis en avant pour justifier l'existence du holding. VU, a martelé Jean-René Fourtou, c'est surtout une équipe dirigeante (qui inclut le patron de chaque métier), "forgée au combat" du redressement. Elle serait désormais le "soft" du groupe qui en anime les parties, notamment grâce à une vigilance partagée sur ces évolutions liées aux technologies. Le VU de J2M promettait à chacun le bonheur du divertissement livré sur tous les écrans. Celui de JRF serait une histoire d'Hommes. A l'ère où contenus et données dématérialisés circulent sur des réseaux numérisés, la synergie sait garder visage humain. Rassurant, non ?

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