Fin de partie pour les téléphones portables Siemens

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C'est tout un symbole: BenQ n'a pas prévu de conserver indéfiniment la marque Siemens. Le PDG de la société taiwanaise, K.Y. Lee, a indiqué aujourd'hui qu'il espérait pouvoir rapidement se contenter de son logo. Le contrat signé avec Siemens lui accorde les droits pendant cinq ans. Dès la prochaine génération de produits développés par la nouvelle société commune qui va être créée au 1er octobre 2005 pour accueillir les activités portables de Siemens et celles de BenQ, les appareils seront baptisés des deux noms accolés. Progressivement et en fonction de l'acceptation par les marchés européens et d'Amérique Latine, d'où Siemens tire aujourd'hui sa force, la marque allemande sera effacée pour laisser place à celle du taiwanais. Après Alcatel, c'est donc un deuxième pionnier des téléphones portables qui va bientôt disparaître. Une fin de partie contestée par les syndicats, même si le repreneur s'est engagé à maintenir l'emploi au moins jusqu'à la fin 2006 dans les unités de production allemandes, mais également au Brésil. Pour le nouveau président de Siemens, Klaus Kleinfeld, l'issue s'est révélée au final la meilleure perspective d'avenir pour toutes les parties, les consommateurs comme les salariés ou le reste du groupe, compte tenu des complémentarités des deux partenaires. Les déboires dans l'activité portables, outre leur coût financier, commençaient à peser sur l'image, a t-il reconnu. Se sentant incapable de se tirer d'affaire seul après les erreurs des dernières années qui lui ont fait perdre pied, le groupe allemand a préféré tirer un trait sur le secteur pour se concentrer sur le reste du marché des télécommunications. "Il faut savoir tirer les bonnes conclusions", a concédé le successeur d'Heinrich von Pierer en expliquant l'accord. L'opération va encore peser lourd sur les comptes qui seront clos au 30 septembre, puisqu'il est prévu que le Taiwanais reçoive 250 millions d'euros comme dot pour faciliter la fusion des deux entités, le rachat des brevets, etc... Avec les dépréciations et la reprise des dettes, le désengagement coûtera au total 350 millions avant impôts. Avec les pertes que l'activité aura réalisées sur l'ensemble de l'exercice (280 millions sur les six premiers mois), l'addition devrait approcher le milliard. Pas étonnant que Siemens ait voulu tarir enfin l'hémorragie, quitte à faire des concessions financières. Mais pour le groupe allemand, à l'heure où le débat sur les déviations du capitalisme bat son plein, il fallait à tout prix trouver une solution positive pour les 6.000 salariés de la division (3.000 en Allemagne). Une condition qui avait fait avorter les discussions avec d'autres fabricants qui s'étaient intéressés au dossier comme Motorola notamment et qui n'étaient pas vraiment intéressés par l'outil de production. BenQ, encore outsider sur le marché des mobiles et qui vend aussi des ordinateurs portables, des écrans plats, des caméras numériques, des scanners ou lecteurs de CD-ROM, y a vu l'occasion de franchir un grand pas à moindre frais. Il a décidé par ailleurs de transférer à Munich le siège de ses activités mobiles qui passeront en un saut à la quatrième place mondiale. "La priorité aujourd'hui est d'aller vite en termes de produits pour pousser la demande avant de penser seulement à réduire les coûts", a indiqué K.Y. Lee qui vise un résultat équilibré de sa nouvelle filiale en 2006. Il s'est dit prêt également à conserver Infineon comme fournisseur privilégié de composants pour les téléphones portables, à condition que les prix soient raisonnables. Les analystes craignent que le numéro deux européen des semi-conducteurs, ancienne filiale de Siemens, fasse les frais de l'opération, en perdant sa place de fournisseur privilégié. Contrairement à son projet initial de lier sans fil et mobile, Siemens va finalement conserver son pôle de matériel pour la téléphonie sans fil, très rentable. L'activité va toutefois obtenir son autonomie, même si aucun projet d'alliance ou de cession n'est à l'ordre du jour. Pour montrer la confiance qu'il a dans son nouveau partenaire, le groupe a également pris 2,5% du capital de BenQ, soit un engagement de 50 millions d'euros aujourd'hui. Il n'est pas prévu toutefois qu'il obtienne un siège à son conseil de surveillance. Le titre Siemens a terminé en hausse de 2,3% à 62,60 euros à la clôture du Dax.

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