Carly Fiorina contrainte à quitter Hewlett-Packard

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La seule femme à la tête de l'une des trente valeurs vedettes de Wall Street se retire. Carly Fiorina, la célèbre patronne de HP, a remis sa démission, en raison de désaccords avec le conseil d'administration. En attendant qu'un successeur soit désigné, l'actuel directeur financier Robert Wayman reprend à titre intérimaire le poste de directeur général, tout en conservant ses fonctions. Patricia Dunn, membre du conseil d'administration depuis 1998, devient présidente."Bien que je regrette que le conseil d'administration et moi-même ayons des différends sur la façon de mettre en oeuvre la stratégie de HP, je respecte leur décision", écrit Carly Fiorina dans le communiqué. La mise à pied de la célèbre PDG est une surprise, bien que cette dernière ait récemment fait l'objet d'une surveillance étroite. A la tête du groupe informatique depuis juillet 1999, celle qui est également l'artisane de la fusion avec Compaq était remise en cause depuis un certain temps. A l'origine des critiques: la perte de parts de marché de la division PC face au numéro 1 du marché Dell. Autre source de mécontentement: la branche entreprise. Cette dernière, qui chapeaute les parties serveurs et stockage de données, a toujours eu du mal à s'imposer face à des concurrents tels que IBM ou EMC."C'est une grande nouvelle. C'est une étape positive pour Hewlett-Packard. Avec son départ, le groupe cherchera à renouveler sa direction", commente John Person de National Futures, interrogé par Reuters. En janvier dernier, déjà, le Wall Street Journal rapportait des rumeurs sur la volonté du conseil d'administration d'opérer une réorganisation de la direction de l'entreprise. Il était notamment question de donner plus d'autorité aux dirigeants de trois unités différentes pour leur conférer plus d'autonomie. A l'époque, le conseil d'administration ne voulait pas affaiblir Carly Fiorina, selon le quotidien anglo-saxon, mais simplement permettre à l'entreprise de se rapprocher de ses clients. Mais Carly Fiorina aurait rejeté l'idée de renforcer les pouvoirs d'un numéro deux. Elle a des "capacités exceptionnelles. Mais elle ne devrait pas tout faire. Elle est très interventionniste et ça ralentit les choses", commentait une source proche du dossier auprès du Wall Street Journal. Tout en annonçant le départ de sa patronne, le groupe a pour l'instant repoussé toute autre réorganisation. Aujourd'hui âgée de 50 ans, Carly Fiorina, auparavant chez Lucent, a pris les rênes de l'entreprise il y a cinq ans et demi. Son parcours restera d'abord marqué par le redressement d'un constructeur informatique en perte de vitesse face à ses concurrents, redressement mené au prix d'une lourde politique de restructuration. Surtout, Carly Fiorina a mené d'une main de fer le rachat de son concurrent Compaq, combat qui a nécessité huit mois de lutte. Depuis son arrivée, la taille de l'entreprise a ainsi doublé. En novembre dernier, HP a publié un bénéfice net de 3,5 milliards de dollars pour son exercice 2004, pour un chiffre d'affaires en hausse de 9% à 80 milliards de dollars. A elle seule, la division imprimantes et accessoires, la plus rentable du groupe, a généré les trois quarts des bénéfices d'exploitation. D'ailleurs, les adversaires de Carly Fiorina lui ont reproché de diluer la valeur de l'entreprise en rachetant Compaq, dans la mesure où la vente de PC génère des marges faibles. Le départ de la PDG ravit les marchés. Après avoir gagné plus de 9% en début de séance, le titre grimpe encore de 5,76% à 21,30 dollars dans la matinée à New York.

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