L'industrie du disque intensifie sa lutte contre les téléchargements illégaux

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Frapper un grand coup: voilà ce que souhaite réaliser l'ensemble de l'industrie du disque en attaquant de front le problème du téléchargement illégal de musique sur des sites de peer to peer, ou échange de fichiers (P2P).Pas moins de 2.100 plaintes contre des particuliers ont été déposées en quelques jours par l'IFPI (International Federation for the Phonographic Industry), qui étend ainsi son action à de nouveaux pays en Europe (Suède, Suisse), en Asie (Hong Kong et Singapour) et pour la première fois en Amérique du sud (Argentine). Cette nouvelle vague de poursuites judiciaires porte à 3.800 le nombre total d'actions juridiques engagées dans 17 pays.Pour la première fois dans ces pays, les utilisateurs de sites d'échange de fichiers seront confrontés à un risque de condamnation pénale et de dédommagements financiers. D'ailleurs, les plaintes de ce type ont déjà touché plusieurs milliers de personnes, la majorité d'entre elles étant des hommes âgés de 20 à 30 ans et qui ont payé un minimum de 3.000 dollars pour avoir téléchargé des titres sur des sites illégaux.Cette nouvelle vague de lutte anti-piratage arrive juste après la dernière victoire que l'IFPI a obtenue il y a une semaine. Un accord judiciaire a été trouvé entre le site illégal Grokster et l'industrie américaine de la musique pour la fermeture de ce site. Tous les acteurs du monde de la musique se sont réjouis de cette décision de la justice américaine. D'autres décisions juridiques de ce type étaient intervenues ces derniers mois, en Australie et en Corée notamment.Action globale contre le manque à gagner des maisons de disquesC'est la quatrième vague d'actions anti-piratage que lance l'IFPI depuis qu'une campagne internationale a été lancée en mars 2004 visant les utilisateurs de sites de P2P. Les plaintes visent en particulier les sites les plus connus comme FastTrack (Kazaa), Gnutella (BearShare), eDonkey, DirectConnect, BiTorrent, WinMX et SoulSeek.L'IFPI a recensé près de 900 sites de téléchargement de musiques illégaux dans le monde. Or, pour le président de l'IFPI, John Kennedy, "aujourd'hui il n'y a tout simplement pas d'excuse pour voler de la musique sur Internet au lieu de l'acheter légalement. Il y a près de 2 millions de titres disponibles sur près de 300 sites (légaux) à travers le monde". Mais aujourd'hui, la musique en ligne ne représente encore qu'une faible part du marché du disque dans le monde, avec près de 6% des revenus, soit environ 790 millions de dollars, au premier semestre 2005.Selon les chiffres publiés par l'IFPI, le manque à gagner de l'industrie mondiale du disque atteint 6 milliards de dollars sur les cinq dernières années, et ce uniquement pour l'utilisation de sites illégaux. A titre d'exemple, sur les cinq dernières années, les ventes de disques ont baissé de 50% en Allemagne, 53% au Danemark, 34% en Suède ou encore 25% à Hong-Kong. Reste que ces actions engagées au niveau international semblent faire leur nid petit à petit. En effet, le nombre d'utilisateurs de Kazaa atteint en moyenne dans le monde 2,4 millions de personnes en 2005 contre 4,3 millions en avril 2003. De même, le nombre de titres téléchargés illégalement semble se réduire. En juin 2003, l'IFPI avait décompté 1,1 milliard de titres téléchargés illégalement: en juillet 2005, elle en a recensé 900 millions. Il s'agit là d'une lutte acharnée et de longue haleine, que chaque pays doit relayer. Mais comme l'a montré la dernière décision de la Cnil concernant le pistage des utilisateurs de ces sites, la bataille contre le piratage est loin d'être gagnée.Snocap développe le P2P légal avec l'approbation des majors du disqueLe service de musique numérique Snocap, développé aux Etats-Unis, a signé hier un accord avec la maison de disques Warner Music pour offrir l'accès à son catalogue d'artistes. Ce service a désormais des accords avec les quatre "majors" du disque, Universal (groupe Vivendi), Sony-BMG, EMI et Warner Music, précise un communiqué commun. L'idée principale de Snocap est de centraliser des licences pour permettre aux sites usant de la technologie P2P d'exercer leur activité en toute légalité. Ceux-ci pourront s'appuyer sur un catalogue de musique numérique validé par les éditeurs et éventuellement monnayer les chansons. Comme Snocap se fonde sur une base de données dans laquelle peuvent puiser les sites pour les proposer à leurs utilisateurs, il est considéré par les experts comme une alternative crédible aux sites déclarés illégaux. Mais cela n'est pas du téléchargement à proprement parler, ce qui risque de ne pas séduire les internautes habitués à ce type d'utilisation.

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