Disques en fête

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Une sélection d'albums de jazz et de rock pour compléter les cadeaux de Noël.

Côté Jazz

"Christmas Voices". Coffret 2 CD. Nocturne. 19 euros.
La grande tradition anglo-saxonne des chants de Noël: quarante titres à commencer par le roi du genre, Bing Crosby ("Silent Night", "White Christmas") mais aussi des chanteurs de charme des deux sexes, Doris Day, Judy Garland, Frank Sinatra, Nat King Cole, Harry Belafonte...

"Miles Davis quintet. The legendary Prestige quintet sessions". (1955-58) 4 CD. Prestige-Universal Music. 55 euros.
L'ange noir de la trompette (Miles Davis) rencontre le jeune ténor en colère (John Coltrane). L'une des plus grandes petites formations de l'histoire du jazz. A écouter pour "se mettre en oreille", le chef d'oeuvre de Monk, "Round Midnight", "My Funny Valentine", le tube de Rodgers & Hart, et un air de circonstance "When lights are low".

"L'histoire des Big Bands. 1914-1955". Coffret 10 CD. Sélection André Francis et Jean Schwarz. Le chant du monde-Harmonia Mundi. 39 euros.
Ils sont tous là, les as du big band, Duke Ellington et Count Basie en tête. Plus de deux cents titres ont été sélectionnés sur quarante ans. Quand le jazz avait pour mission de faire danser... De la joie communicative avec une anthologie richement documentée.

"Joe Zawinul. Brown Street". Coffret 2 CD. Cream records-Sphinx. 19 euros.
Co-animateur, avec Wayne Shorter, du populaire Weather Report, exemple de world music interactive et festive, Joe Zawinul reprend ses tubes vingt ans après. Dans "son" club, le Joe Zawinul Birdland de Vienne, le claviériste autrichien laisse parler la poudre avec un grand orchestre, le WDR Big Band de Cologne.

"The 100's most beautiful melodies". Coffret 5 CD. Universal Music Jazz France. 33 euros.
"La Vie en Rose", "April in Paris" ou encore "Autumn Leaves", adaptation des "Feuilles Mortes" de Prévert et Kosma... Cent mélodies enregistrées à Paris des années 30 à 70 par des jazzmen, américains et français. Une autre manière de retrouver des airs classiques et des musiciens toujours modernes, de Louis Armstrong à René Urtreger.
J.-L. L.


Côté Pop-Rock-Folk

"We shall overcome" (Sony-BMG. The Seeger Sessions)
Bruce Springsteen et une bande de talentueux musiciens rendent hommage au chanteur Pete Seeger en reprenant une bonne partie de son répertoire de musique folk. C'est joyeux, endiablé, et l'on trouve tout du rock, du roll et du swing avec des chants traditionnels comme "Jesse James", "We shall overcome" et surtout le déchaîné "Mary Don't you Weep". Une fête dansante accompagnée d'un DVD montrant l'enregistrement de l'album et des commentaires des artistes.
J.-P. B.

"Modern Times" (Columbia)
Le titre prête à sourire puisque Bob Dylan clôt ici une trilogie qui puise plus que jamais ses sources dans le blues et la country américaine des années 30. Contrairement à d'autres "vétérans" qui préfèrent surfer sur les nouvelles vagues musicales, Dylan s'affranchit des modes et évolue dans sa bulle sans lasser. A 65 ans, la légende du folk n'a toujours pas fait le tour du style de ses débuts. Ses armes restent identiques: claviers, guitare, harmonica et, surtout, une voix inimitable. Moins nasillarde que d'habitude, légèrement rocailleuse, émouvante. Dylan a connu des périodes peu reluisantes dans sa carrière. Mais depuis dix ans l'artiste a atteint un niveau qu'on n'espérait plus retrouver. Certains ne manqueront pas de faire la fine bouche par rapport à ses premiers enregistrements. Ce serait dommage. "Modern Times" n'est peut-être pas le meilleur album de Dylan de tous les temps, mais il est sans aucun doute l'un des meilleurs disques sortis cette année.
O. L. F.

Scissor Sisters : "Ta-Dah" (AZ)
Remettre le disco au goût du jour, Madonna l'a tenté, les Scissor Sisters l'ont fait. En 2004, les cinq new-yorkais déjantés avaient déjà conquis le Royaume Uni avec leur premier album éponyme teinté de pop extravagante et sur-vitaminée. Aujourd'hui, le succès dépasse largement les terres britanniques comme en attestent les concerts qui affichent complet en Europe et aux Etats-Unis (celui à l'Olympia le 23 avril prochain ne fait pas exception). L'album qui suscite tant d'engouement: "Ta-Dah". Une machine à danser qui puise sans complexe dans le versant le plus disco des années 70. Les Bee Gees, ABBA, Elton John, Paul Mc Cartney (qui prête son nom au titre d'une de leurs chansons), Roxy Music, Billy Joel... Les références sont innombrables et immédiatement repérables. Le groupe ne s'en cache pas. Alors pourquoi la copie est-elle pour une fois aussi réjouissante que l'original? Parce que les Scissor Sisters ne se prennent pas au sérieux, qu'ils dégagent une énergie et une bonne humeur rares et, plus simplement, parce que chaque titre de l'album est d'une efficacité redoutable.
O. L. F.

Midlake: "The Trials Of Van Occupanther" (V2)
Le groupe texan Midlake est en train de prendre une ampleur qu'on n'aurait jamais soupçonnée il y a deux ans, à l'époque de leur premier album "Bamman and Slivercock". Non que le disque fut mauvais. Au contraire. Une poignée de chansons élégantes y dégageait une belle atmosphère. Mais malgré ses qualités, le groupe était trop fortement marqué par tout un courant pop-psyché porté par Mercury Rev, les Flaming Lips ou Grandaddy. "The Trials Of Van Occupanther" surprend car, en à peine deux ans, Midlake est parvenu à se détacher de ces références encombrantes pour développer sa personnalité. Si on devait établir un parallèle, c'est plutôt Radiohead qu'on invoquerait désormais (même sensibilité plaintive dans le chant de Tim Smith, orchestrations qui passent aisément de la mélancolie à des tourments plus rock). "The Trials Of Van Occupanther" est une belle surprise. Un bouquet de ballades pastorales et chaleureuses, idéal pour passer l'hiver.
O. L. F.

Cat Power: "The Greatest" (Matador)
Chan Marshall est un chat sauvage, indomptable et imprévisible. Sur ce septième album, elle se révèle plus câline que d'habitude. Sans doute parce qu'elle s'est entourée du Hi Rhythm Band, musiciens de renom qui ont longtemps travaillé avec Al Green. "The Greatest" est de fait son disque le mieux produit et le plus orchestré. La jeune artiste est pour une fois moins souvent seule à sa guitare qu'entourée de cuivres et de choeurs. En explorant les rythmes soul qui ont marqué le sud des Etats-Unis des années 70 (l'album a été enregistré à Memphis), ses chansons folk se font moins arides, plus sensuelles et chaleureuses. Sa voix n'a quant à elle pas changé, toujours aussi fragile et émouvante. On comprend vite pourquoi la chanteuse voue une admiration sans borne à Bob Dylan. Cette voix est exceptionnelle et "The Greatest" est un point de départ idéal pour la découvrir.
O. L. F.

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