La Bulgarie et de la Roumanie entrent dans l'Union européenne

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Le 1er janvier, les Vingt-Cinq deviennent Vingt-Sept. Les deux nouveaux entrants vont devoir aiguiser leur compétitivité et veiller à l'éventuelle montée du populisme. Mais l'afflux des investissements étrangers et les réformes devraient permettre leur essor économique.

A partir du 1er janvier, l'Union européenne comptera vingt-sept Etats membres, avec les nouvelles adhésions de la Roumanie et la Bulgarie. Au terme de lourds efforts, et alors qu'ils avaient été retoqués en 2004, faute de réformes suffisantes, les deux pays entreront dans un marché de 460 millions d'habitants, auxquels s'ajouteront 8 millions d'habitants pour la Bulgarie et 22 millions pour la Roumanie. Pour ses nouveaux partenaires, l'enjeu est mineur, puisque les deux pays atteignent à peine 1% du PIB de l'Union européenne.

Dans les premières années qui suivront l'adhésion, ces nouveaux parrtenaires pâtiront sans doute de la concurrence des autres pays de l'Union et certaines entreprises, y compris celles qui ne suivent pas les normes européennes, devront fermer boutique. La mise aux normes européennes apportera aussi son lot de contraintes. Ainsi, en Roumanie, les taxes sur l'électricité augmenteront de plus de 30% à partir de lundi, et celles sur l'essence de 6,6%, avec la mise en application d'un nouveau Code fiscal compatible avec les normes de l'Union européenne.

Mais le principal souci auquel les deux nouveaux entrants devront faire face est celui de la compétitivité, lié à un investissement insuffisant dans l'éducation. La propension des consommateurs à s'endetter ne profite d'ailleurs qu'aux importations. En Bulgarie, le déficit commercial atteint 12% du PIB. Enfin, la corruption reste massive. L'organisation Transparency International (TI) place la Bulgarie à la 57ème place et la Roumanie en 88ème position.

Du côté des mentalités, le tournant vers l'Ouest n'a pas été aisé. Et le risque de la résurgence du populisme n'est pas à exclure. Nombre des dix nouveaux Etats membres qui avaient fait leur entrée dans l'UE en 2004 ont connu une montée de l'extrême droite et du nationalisme en raison d'une transition et d'ajustement structurels rapides. Sans compter que le chômage est resté élevé dans certains pays comme la Pologne ou la Slovaquie. Mais globalement, le bilan des derniers arrivants est plutôt positif, en raison du rattrapage économique, grâce notamment à d'importantes réformes et à un afflux d'investissements directs étrangers.

"En Roumanie, les investissements directs en provenance de l'étranger sont en particulier très élevés et permettent de financer la plus grande partie du déficit commercial. On perçoit d'ailleurs une imposante présence d'entreprises françaises (Carrefour, Michelin, Renault, Bouygues, Veolia, Lafarge, Danone...)", souligne Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès.

Mais Bulgarie et Roumanie ont encore du chemin à parcourir pour rattraper leurs voisins occidentaux. Selon une étude réalisée par le Groupe d'économie appliquée (GEA), sept des 15 régions les plus pauvres de l'Union européenne élargie à 27 se trouvent en Roumanie, aux côtés de six régions de Bulgarie et d'une respectivement en Pologne et en Slovaquie. "Avec un produit intérieur brut représentant seulement 21,7% de la moyenne de l'UE, la Moldavie, région est de la Roumanie, sera le pôle de la pauvreté de la région", souligne cette étude. En revanche, cet indicateur s'élève à Bucarest à 55% et devrait atteindre 75% en 2013, selon le GEA.

Aujourd'hui sept candidats attendent leur tour dans l'antichambre de l'UE: Croatie, Macédoine, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Serbie et Turquie. Mais les Etast membres restent divisés sur le rythme de l'élargissement, comme le montrent les démêlés actuels dans les négociations avec la Turquie.


La Slovénie troque le Tolar contre l'euro
Le 1er janvier 2007, c'est aussi la date de l'adhésion de la Slovénie à l'euro. C'est le premier des anciens pays du bloc de l'Est à rejoindre l'Union monétaire européenne. Les neufs autres nouveaux membres ayant intégré l'Union européenne en 2004 ne satisfont pas les critères de Maastricht et présentent encore des taux d'inflation ou des déficits trop élevés. "Non seulement le PIB de la Slovénie a progressé de 3,5% en moyenne sur la dernière décennie, mais l'inflation a été réduite de 8% à 2,5% entre 2001 et 2005", indique Jean-Loïc Guièze, économiste chez BNP Paribas.

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