Et si les BRICs s'appelaient désormais les BRICMs ?

Le Mexique mériterait, compte tenu de son poids économique, de faire partie du club fermé comprenant le Brésil, la Russie, l'Inde et le Chine (BRIC). Si la Russie, l'Inde et la Chine affichent une croissance insolente, celle du Mexique et du Brésil est décevante.

Alors que les maîtres de l'univers économique se retrouvent cette année encore à Davos, du 24 au 28 janvier prochains, peut-être se demanderont-ils, comme ils avaient pu le faire en 2003, après le lancement par la banque Goldman Sachs de l'expression "BRIC" pour désigner les quatre pays (Brésil, Russie, Inde et Chine) qu'il fallait désormais surveiller puisqu'ils avaient le plus grand potentiel pour devenir les nouveaux poids lourds de l'économie mondiale, pourquoi d'autres pays ne font pas partie de ce club fermé ?

S'il est clair que la Chine, l'Inde et la Russie, dont la croissance du PIB oscille entre 9 %(pour la Chine) et 7 % (pour la Russie) par an, offrent le potentiel le plus élevé, on peut se demander pourquoi le Brésil, avec une croissance prévue à seulement 2,9 % pour cette année ( 2,3 % en 2005, 4,9 % en 2004), fait partie du même club. Et pourquoi aussi, dans ces conditions, le Mexique, avec une expansion prévue à 4,4 % cette année (3 % l'an dernier et 4,4 % en 2004) n'en fait pas partie....

Quoiqu'il en soit, les deux économies latino-américaines se ressemblent. Leur poids est presque le même, si l'on compare les PIB. Celui du Brésil s'inscrivait à 789 milliards de dollars en 2005 (selon le FMI), celui du Mexique, à 758 milliards de dollars. La Chine, de son côté, caracole largement en tête des BRICs, avec un PIB de 1.910 milliards de dollars, tandis que l'Inde se situe bonne dernière, à 746 milliards de dollars, la Russie atteignant 772 milliards de dollars.

Autant dire que tout dépend des critères retenus, et encore. Quoiqu'il en soit, les deux économies latino-américaines partagent aussi des handicaps à une plus forte croissance. Au-delà du fossé entre riches et pauvres, qui pénalise l'activité économique, la bureaucratie (pour ne pas dire la corruption) étouffe aussi les initiatives et, surtout, les investissements de la part des acteurs nationaux comme internationaux sont bien plus faibles, proportionnellement, au Mexique et au Brésil, qu'en Chine ou en Inde.