Faible mobilisation des fonctionnaires, mais grève bien suivie aux Impôts

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Jeudi, les fonctionnaires se sont faiblement mobilisés sur les salaires, tandis que les agents des impôts, se sont largement mis en grève contre des suppressions d'emplois et une nouvelle gestion du personnel programmées dans leur secteur.

Ce n'était pas la mobilisation des grands jours. Appelés jeudi par cinq des sept fédérations de la fonction publique (CGT, FO, CFE-CGC, FSU et Unsa) pour protester contre les suppressions d'emploi et obtenir une revalorisation de leurs salaires, les fonctionnaires se sont faiblement mobilisés. En revanche, les agents des impôts se sont, eux, largement mis en grève (25 %) contre des suppressions d'emploi et une nouvelle gestion du personnel.

Dans la fonction publique, les syndicats n'avaient en effet pas appelé à des arrêts de travail. Des rassemblements ont donc eu lieu devant les préfectures et quelques arrêts de travail ont été constatés, selon Jean-Marc Canon (CGT). Selon le ministère de la Fonction publique, ces arrêts ont été suivis par moins de 2 % des agents dans les ministères. Organisées initialement pour soutenir une remise de plus de 50.000 pétitions au ministre de la Fonction publique Christian Jacob, ces actions avaient perdu un peu de leur raison d'être quand le ministre a fait savoir qu'il ne recevrait pas les syndicats.

Il les a toutefois invités à des rencontres bilatérales fin décembre et début janvier, sur la question du pouvoir d'achat. Jeudi, Gérard Aschieri (FSU) a dénoncé devant la presse "quelque chose qui s'apparente au mépris, à l'heure où tout le monde parle de dialogue social". De son côté, Elisabeth David (Unsa) a souligné que "le contentieux salarial est important et incontestable depuis 2000" évoquant une perte du pouvoir d'achat de l'ordre de 5% entre le 1er janvier 2000 et le 31 octobre 2004. "Si en 2005, la mobilisation syndicale a permis de maintenir ce pouvoir d'achat par rapport à l'inflation, ce ne sera pas le cas pour 2006", assure-t-elle.

Aux impôts, la mobilisation a été beaucoup plus importante (25 %), mais cependant plus faible que le 14 novembre dernier, où une première grève sur le même sujet avait été organisée. Elle avait recueilli entre 39% et 40% de grévistes.

La Direction générale des Impôts (DGI) a enregistré 24,83% de grévistes, et le Snui (syndicat majoritaire) "plus de 25%". "Ce n'est pas aussi bien suivi que le 14 novembre, mais on s'y attendait. Deux grèves le même mois, ça pèse financièrement" , souligne Florence Peyrichou (CGT). Pour Vincent Drezet (Snui), "malgré cette baisse, la mobilisation reste significative, à plus de 25%. Elle révèle qu'il y a un malaise profond à la DGI, concernant les conditions de travail, le pouvoir d'achat, les réformes permanentes".

Le SNUI, le SNADGI-CGT, le SGI-FO, la CFDT Impôts, l'UNSA Impôts et la CFTC Impôts avaient appelé les 75.000 agents des impôts à faire grève pour exiger le retrait d'un projet de nouvelle gestion du personnel, qui remet en cause, selon eux, au niveau local, le principe des mutations à l'ancienneté. Selon le directeur général des Impôts, Bruno Parent, cette réforme permet, "quand l'intérêt du service est en jeu, de ne pas appliquer mécaniquement une règle aveugle", pour être "plus efficace". Elle ne s'appliquera qu' "à l'intérieur d'une même commune", insiste-t-il. Les syndicats exigent aussi "de véritables négociations sur les conditions de travail" et dénoncent les 4.856 suppressions d'emplois enregistrées aux impôts entre 2003 et 2007, dans le cadre de la réduction des effectifs des fonctionnaires.

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