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E.ON attribue la panne d'électricité européenne à une erreur humaine

La Tribune

Publié le 15 novembre 2006 à 22:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:36

Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

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Selon le groupe allemand, la coupure géante qui a affecté l'ensemble de l'Europe occidentale n'est imputable ni à un manque d'entretien, ni à des investissements insuffisants.

Tout était la faute d'erreurs humaines... Si une grande partie de l'Europe a été privée d'électricité, le samedi 4 novembre, ce n'était pas dû à un grave problème technique ou à une insuffisance de capacité de production voire de transport, mais tout simplement au fait que certains n'ont pas fait correctement leur travail. C'est en tout cas l'argumentaire développé aujourd'hui par E.ON, le groupe d'énergie allemand.

Depuis le 4 novembre, E.ON est sur la sellette. La coupure d'électricité qui a affecté l'Allemagne puis, par ricochet, une bonne partie des pays d'Europe de l'Ouest, et notamment la France, a démarré dans ses installations. Et si le groupe a immédiatement reconnu sa responsabilité dans cette affaire, il a été mis en demeure de fournir des explications détaillées sur l'enchaînement de circonstances ayant conduit à cette cascade de coupures. Les autorités françaises, en particulier, avaient affirmé haut et fort qu'elles attendaient des explications.

Aujourd'hui, E.ON rappelle donc que c'est l'arrêt d'une ligne à très haute tension dans le nord de l'Allemagne qui est à l'origine du problème. Cet arrêt a été décidé volontairement, afin de permettre à un navire de croisière de passer en-dessous sans danger. Cette interruption provisoire aurait dû n'entraîner aucune conséquence, mais dans la pratique, elle a suscité une série de surtensions sur différentes lignes en Allemagne puis, de fil en aiguille, dans les pays limitrophes.

La principale information apportée aujourd'hui par le groupe, c'est que la réaction des individus concernés par le problème n'a pas été la bonne. Avant de désactiver la ligne en cause, "le centre de contrôle n'a pas vérifié si en cas d'arrêt d'une autre ligne, le réseau électrique risquait d'être surchargé", précise le groupe. Et par manque de temps, les responsables n'auraient pas utilisé tous les moyens à leur disposition pour analyser la crise et ses conséquences.

En revanche, et c'est là l'élément essentiel du point de vue du groupe, E.ON affirme qu'aucun problème technique particulier n'a été détecté en ce qui concerne son réseau. "Un entretien insuffisant ou un manque d'investissement peuvent être exclus des causes possibles" de la panne, affirme catégoriquement le groupe. Un constat qui ressemble quelque peu à un plaidoyer pro domo: depuis la grande coupure, E.ON - comme d'ailleurs les autres groupes allemands d'énergie - est accusé de toutes parts d'avoir négligé l'entretien de son réseau et les investissements, au nom de la recherche de la meilleure rentabilité possible. Des accusations qu'E.ON a rejetées avec indignation. Son diagnostic d'aujourd'hui vient donc renforcer sa ligne de défense.

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