Sakhaline 2 : Moscou promet que le projet ne sera pas remis en cause

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Malgré le retrait du permis accordé à Shell pour exploiter le gisement de Sakhaline 2, Moscou assure le gouvernement japonais de la continuité du projet. A l'issue de négociations entre Shell et le groupe Gazprom, contrôlé par le Kremlin, l'Etat russe pourrait entrer à hauteur de 20% dans le consortium d'exploitation.

Soucieuse d'apaiser les craintes du Japon et de l'Union européenne, la Russie a confirmé aujourd'hui la poursuite du projet d'exploitation gazière et pétrolière du gisement Sakhaline 2, située sur l'île du même nom en Extrême-Orient. Faisant suite au tollé suscité par l'annulation de la concession attribuée au pétrolier Royal Dutch Shell, Alexandre Lossioukov, l'ambassadeur russe à Tokyo, est revenu ce matin sur la question pour rassurer les autorités nippones quant à la pérennité du programme énergétique.

Hier, en forme de mise en garde, Shinzo Abe, l'actuel numéro deux du gouvernement japonais mais promis à devenir Premier ministre dans moins d'une semaine, avait fait part de ses inquiétudes quant à l'éventualité d'un "retard dans les projets de coopération majeurs entre la Russie et le Japon", avertissant de "l'impact négatif" que cela pourrait avoir sur leurs relations.

Engagé en 2003, le projet vise en effet à exporter par bateau, à partir de l'été 2008 et sur une durée de 20 ans, du gaz naturel liquéfié (GNL) principalement destiné à l'archipel nippon, très fortement dépendant pour son approvisionnement énergétique. Mais lundi, le Parquet général russe a annoncé qu'il annulait par décret une expertise écologique aux conclusions positives qui jusque là donnait toute latitude à Shell pour développer ses activités.

Une mesure dont nombre d'observateurs considèrent qu'elle porte l'empreinte du Kremlin et de ses velléités d'accroître son contrôle sur un secteur énergétique devenu hautement stratégique. Ainsi ce matin, l'ambassadeur Alexandre Lossioukov a-t-il déclaré que des discussions étaient en cours entre la compagnie gazière russe Gazprom et le groupe anglo-néerlandais Shell, principal opérateur du projet, et qu'elles seraient conclues d'ici la fin de l'année. A leur issue, Gazprom pourrait selon lui obtenir une participation de 20% dans le consortium Sakhaline 2, pour l'heure détenu à 55% par Shell, et à 45% par deux groupes de négoce japonais Mitsui et Mitsubishi Corporation.

D'un montant de 20 milliards de dollars, ce projet représente le plus important investissement mondial privé jamais réalisé dans le secteur énergétique, pour un gisement dont le potentiel est estimé équivalent à celui des réserves enfouies sous la mer du Nord. C'est également le plus gros investissement étranger jamais réalisé en Russie.

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