Mobilisation modérée contre le CPE

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Les manifestations contre le contrat première embauche (CPE) ont rassemblé entre 150.000 et 300.000 manifestants en France. Les parlementaires se donnent jusqu'à dimanche pour débattre du texte incluant ce dispositif.

Difficile encore pour le moment de savoir avec certitude qui du gouvernement ou des syndicats et de l'opposition sortira vainqueur de cette journée de mobilisation sociale contre le contrat première embauche (CPE). D'après un premier décompte partiel de l'AFP, les manifestations ont rassemblé en France entre 150.000 personnes selon la police et 300.000 selon les organisateurs. Un taux de participation modéré, loin des 500.000 manifestants recensés par la police lors de la dernière mobilisation interprofessionnelle du 4 octobre 2005.

"Ce n'est pas un raz-de-marée mais on s'y attendait car il n'est pas facile de mobiliser les jeunes en période de congés, qui plus est sur ce type de sujet", a estimé le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque. Reste que le mouvement pourrait prendre une toute autre ampleur si le gouvernement recourait à l'article 49.3 de la Constitution pour permettre l'adoption, sans débat ni vote, du projet de loi.

Pour l'heure, le cortège parisien, conduit par les dirigeants des organisations syndicales et des mouvements étudiants et lycéens hostiles au contrat première embauche, se rend de la place de la Bastille au carrefour Richelieu Drouot, via République. Bernard Thibault (CGT), Bruno Julliard (Unef), Jean-Claude Mailly (FO), Karlk Stoeckler (UNL), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Gérard Aschieri (FSU), Alain Olive (Unsa), Annick Coupé marchent au coude à coude.

"Evidemment, j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas", a déclaré Dominique de Villepin sous les applaudissements des députés UMP à l'Assemblée Nationale. Aujourd'hui débute l'examen du dispositif, critiqué à la fois par l'opposition et l'UDF. "J'écoute ceux qui désespèrent de pouvoir trouver un emploi, tous ceux qui s'inquiètent pour leur avenir. Alors on a le choix, on peut remettre les décisions, se réfugier dans l'immobilisme, faire croire aux Français que la sécurité, c'est de ne pas changer, le statu quo", a-t-il répondu à Jean-Marc Ayrault (PS).

La conférence des présidents de l'Assemblée nationale a décidé ce matin d'ouvrir de nouvelles séances jusqu'à dimanche pour débattre du texte sur l'égalité des chances qui comprend la création du CPE. "Après 22 heures et 23 minutes de discussions", les députés commencent seulement l'article 3, soit "une vitesse de 10 amendements à l'heure", a noté la présidence. "440 amendements restent à examiner dont 304 socialistes et 23 communistes", a-t-elle ajouté. C'est en juillet 2003, sur la réforme des retraites, que des séances de débat avaient été ouvertes le week-end pour la dernière fois, a indiqué la présidence.


L'OCDE plaide en faveur d'une formule médiane
Dans un rapport sur les réformes nécessaires pour accroître la productivité de la zone euro publié aujourd'hui, l'OCDE a déploré le fossé qui se creuse dans certains pays occidentaux entre le statut au travail des jeunes, souvent "précaire" et celui des autres salariés, "très protégés", et plaidé pour une simplification au profit d'une "formule médiane". Un "débat bienvenu" est actuellement en cours en France et en Allemagne sur le moyen de faire reculer ce "dualisme" du marché du travail, a remarqué le chef économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Jean-Philippe Cotis. Interrogé sur le problème du CPE, ce dernier a indiqué que "la multiplication de contrats en tant que telle n'a pas de vertu particulière, sauf si on converge vers une cible qui est celle d'un contrat plus souple".

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