L'OCDE relève à 2,7% sa prévision de croissance 2006 dans la zone euro

Alors que certains s'inquiètent des conséquences de la remontée des taux sur la reprise économique européenne, l'OCDE estime que la croissance est suffisamment robuste, à 2,7% prévu cette année, contre 2,2% envisagé jusqu'ici. Les prévisions pour les Etats-Unis et le Japon s'établissent à 3,6% et 2,5%.

Après les excellentes publications économiques des pays de la zone euro au premier semestre, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu en hausse sa prévision de croissance annuelle. L'OCDE a porté à 2,7% son estimation de croissance sur l'année pour la zone, contre 2,2% auparavant, jugeant ainsi que la reprise est désormais suffisamment forte pour supporter des hausses de taux d'intérêt de la BCE. "Après ce rattrapage, la croissance devrait ralentir quelque peu en Europe, tandis que l'activité aux Etats-Unis et au Japon va accélérer à nouveau", indique Jean-Philippe Cotis, le chef économiste de l'OCDE.

Les prévisions pour la France et l'Allemagne ont été revues en hausse à respectivement 2,4% (contre 2,1%) et 2,2% (contre 1,8%). En revanche, la prévision de croissance pour le Japon est revue en baisse à 2,5% (contre 2,8%). Pour les Etats-Unis, elle reste inchangée à 3,6%. Jean-Philippe Cotis note dans son texte d'introduction que la zone OCDE dans son ensemble va conserver un rythme d'expansion proche de son potentiel au cours du deuxième semestre, mais que l'on va assister à un "rééquilibrage" entre les deux rives de l'Atlantique.

Contrairement à la prudence qui le caractérisait auparavant, Jean-Philippe Cotis estime désormais que la reprise économique que connaît la zone euro est "suffisamment robuste pour un retour vers une position de politique monétaire neutre", c'est-à-dire un taux directeur plus élevé qu'il ne l'est actuellement. Elle estime toutefois que ce mouvement doit se faire "graduellement, car les coûts unitaires du travail sont bien sous contrôle".

L'économiste estime qu'une politique monétaire neutre est adéquate dans la mesure où l'inflation en zone euro "reste très contenue" et la hausse des prix énergétiques ne se transmet pas aux salaires. Jean-Philippe Cotis a estimé que l'inflation sous-jacente (hors énergie) dans la zone euro se situe "autour de 1,6% ou 1,7%". Les économistes s'attendent en majorité à deux nouveaux tours de vis d'un quart de point d'ici la fin de l'année, en octobre puis en décembre, qui porteront le principal taux directeur à 3,50%.

En revanche, l'OCDE note que la Banque du Japon (BoJ) serait bien avisée "d'attendre avant d'augmenter encore son taux d'intérêt que l'inflation sous-jacente soit fermement en territoire positif". Quant à la Fed américaine, l'OCDE estime qu'elle pourrait devoir recommencer à augmenter ses taux "si l'activité et les prix ne ralentissent pas au cours des prochains mois".

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