L'Europe appelée à la vigilance sur les quotas de CO2 accordés aux industriels

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Dans un appel commun, le WWF et 50 économistes ont demandé jeudi à la Commission européenne de se montrer ferme sur les droits d'émission de CO2 accordés par les Etats membres aux industriels. Des droits trop généreux remettraient en cause le leadership de l'Union européenne dans la lutte contre le réchauffement climatique, car ils rendraient inefficace le marché européen de CO2 créé en 2005.

Une semaine après la publication du rapport Stern sur les conséquences économiques du réchauffement de la planète, et alors que se déroule à Nairobi la conférence annuelle de l'ONU sur le climat, c'est sur l'Union européenne que la pression monte. L'instrument phare de la politique européenne en matière de lutte contre le réchauffement climatique, à savoir les quotas nationaux d'émissions de CO2 accordés par les Etats membres aux industriels, fait l'objet de critiques.

Dans un appel commun rendu public jeudi, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et 50 économistes ont demandé à la Commission européenne d'exiger des Etats membres qu'ils soient plus stricts dans l'octroi des droits d'émissions de CO2 accordés aux industriels. Pour les signataires, il en va du leadership de l'Union européenne dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Car si l'Europe est en retard sur l'objectif de réduction d'émission des gaz à effet de serre qu'elle s'est fixée dans le cadre du protocole de Kyoto (-8% en 2012 par rapport à 1990), la réussite du marché européen de CO2 est jugée "fondamentale" par Nicholas Stern, ex-économiste à la Banque mondiale et auteur du rapport remis la semaine dernière au gouvernement britannique sur les coûts du réchauffement climatique. Pour lui, "cela permettrait d'impliquer dans un avenir proche d'autres pays comme l'Inde et la Chine dans le commerce de carbone".

Aujourd'hui, "la plupart des Etats membres montrent encore trop peu d'intérêt à s'engager contre le réchauffement climatique en proposant des quotas laxistes pour leurs industriels", tels que ceux proposés pour les années 2008-2012, constate Stephen Singer, du WWF. Or, "pour que le système fonctionne, le marché doit fixer un prix significatif au CO2. Cela nécessite une rareté de l'offre, donc des quotas qui représentent des limitations sérieuses des émissions", affirme pour sa part Michael Grubb, professeur à l'Université de Cambridge.

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