Villepin dénonce le renforcement militaire américain en Iraq

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Dans une interview accordée au Financial Times, le Premier ministre français réclame le retour à une complète souveraineté de l'Irak pour que le pays retrouve sa stabilité.

"L'idée selon laquelle les forces militaires quitteront l'Irak lorsque le pays sera pacifié et démocratique est absurde. Cela n'arrivera jamais". Dans une interview accordée au Financial Times de ce mercredi matin, Dominique de Villepin montre sa fermeté à l'égard d'une guerre qu'il considère depuis toujours comme inutile et dévastatrice. Selon lui, la violence ne cessera pas tant que les troupes n'auront pas entièrement quitté le pays.

Sous-entendu, la décision de George Bush de renforcer l'action militaire est désastreuse. Sourd au mécontentement de ses compatriotes, le président américain a annoncé courant janvier l'envoi de 20.000 soldats supplémentaires en Irak. Convaincu qu'une sortie prématurée de l'armée américaine de l'ancienne Mésopotamie donnerait le champ libre aux groupes terroristes et plongerait la région dans le chaos, il a donné la priorité budgétaire cette année à la guerre en Irak, amenuisant par ailleurs les dépenses de santé et de retraites.

"Nous avons besoin d'un calendrier précis des départs des troupes étrangères et un retour à la pleine souveraineté de l'Irak. Tant que cela ne sera pas établi, les choses n'avanceront pas. Je ne connais pas un seul problème diplomatique dont la solution soit aussi simple", estime Dominique de Villepin. Personne n'a oublié son discours passionné à l'ONU en 2003 sur le sujet, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères. "Je l'avais déjà dit en 2003, nous l'avions dit avec le président Chirac, il n'y a pas de solution militaire à la situation irakienne. Ce que nous avions déclaré alors reste aujourd'hui valable".

Faisant écho au rapport Baker-Hamilton, qui souligne le bilan désastreux de l'intervention américaine et énonce quelques propositions pour venir à bout de cette situation, Dominique de Villepin estime important d'inclure l'Iran et la Syrie dans le processus de stabilisation de la région. "Nous devons rétablir le dialogue avec les pays voisins de l'Irak et créer les conditions nécessaires pour qu'ils trouvent un intérêt à la paix en Irak et dans la région", a déclaré le Premier ministre, qui a également déploré le manque d'imagination de la communauté internationale pour éviter le programme nucléaire iranien. Mais pour trouver une solution à cette initiative inacceptable de l'Iran, il convient de ne pas oublier les raisons qui ont poussé ce pays à agir de la sorte, par fierté et souçi de sécurité nationale.

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